Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa

Publié le par Marguerite Rothe

Les délices de Tokyo, roman japonais de Durian Sukegawa.

Les délices de Tokyo, c’est la rencontre de trois cabossés de la vie. Il y a Takuo, une vieille femme qui, lorsqu’elle était enfant a eu une grave maladie. Elle en a gardé des séquelles visibles et handicapantes qui agissent comme un repoussoir face aux gens. Puis il y a Sentarô, un jeune trentenaire. Gérant de l’échoppe le Doraharu, sa principale tâche et préoccupation est de fabriquer des dorayaki  pour rembourser une dette d’argent. Et enfin, il y a Wakana, une jeune fille solitaire délaissée par ses parents divorcés. Outre les dorayaki (dessert sucré japonais à base de pâte de haricots rouges confits, le an), qui sont la toile de fond du roman et relient – d’une façon ou d’une autre – les personnages entre eux, il y a la ville de Tokyo. Pas la cité des néons, mais celle des tokyoïtes anonymes. Ceux-là mêmes qui fréquentent le Doraharu, situé dans une rue baptisée Sakuradôri (rue des cerisiers) en retrait et qui longe la voie ferrée. L’auteur, Durian Sukegawa, entraîne ses lecteurs au plus près du quotidien de ses compatriotes. On y est dans la vraie vie, mais observée avec un regard délicat et décrite avec sensibilité et pudeur. Comme il se doit au pays du Soleil-Levant.

La symbolique du temps est omniprésente dans Les délices de Tokyo. Elle est dans la floraison des cerisiers, leur épanouissement, puis les premières feuilles dorées annonciatrices du prochain endormissement. En parallèle, nos trois personnages symbolisent  les trois âges de la vie. Finement exposés dans leur jeunesse, leur maturité, ou leur vieillesse, l’auteur nous brosse là un grand tableau des cycles de la vie. Et comme le temps s’égrène inexorablement pour les cerisiers – que le lecteur découvre en fleur au début du livre –, il s’écoule aussi pour Takuo, Sentarô et Wakana. Alors, en même temps que les dorayaki, le Doraharu, la lune bavarde et les arbres qui murmurent au vent, Durian Sukegawa nous entraîne dans une exploration du sens de la vie et de la mort. Et lorsque le lecteur referme Les délices de Tokyo, les cerisiers de la rue Sakuradôri sont de nouveau en fleur.

©Marguerite Rothe

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Quatrième de couverture

« Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

 

Le Film

J'ai lu Les délice de Tokyo après avoir vu le film.  Film et roman se correspondent parfaitement, ce qui est assez rare.

Publié dans Littérature asiatique

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