Trois semaines pour un adieu, un polar noir de Charles James Box

Publié le par Marguerite Rothe

Trois semaines pour un adieu, un thriller de Charles James Box, aux éditions Seuil Policier

Jack et Melissa, un jeune couple trentenaire, se voient dans l'obligation de « rendre » la petite Angelina qu'ils viennent tout juste d'adopter. Un vice de procédure étant la raison de cette catastrophe. Le jeune père et le grand-père, qui réclament la petite fille, se montrent intraitables. Cependant, grand seigneur, le grand-père "donne" trois semaines à Jack et Melissa pour faire leurs adieux à Angelina. Ensuite, ils devront obtempérer et rendre l'enfant sans discuter. Et l'affaire sera réglée.

Se voir retirer son enfant parce que soudain, la loi dit qu'il ne l'est plus est terrible. Mais la situation devient dramatique lorsque Jack et Melissa se rendent compte que leur fille va être condamnée à grandir dans une famille où amour et tendresse semblent totalement exclus. Car le comble du malheur, le jeune père apparaît comme un voyou immature, agressif, et terriblement violent ; ses mocassins et son blazer de prix n'y changent rien. Et le grand-père n'est pas meilleur : juge très influent, il est animé par une ambition dévorante. Briguant la Cour Suprême, rien ni personne ne doit se mettre sur son chemin. Ce type a un silex à la place du cœur, et il est prêt à tout pour parvenir au but qu'il s'est fixé. Absolument à tout. Ces deux-là sont parfaitement détestables.

L'attrait de ce roman est qu'il met en scène des personnages auxquels bien des lecteurs vont facilement s'identifier ; je parle du jeune couple à la vie tranquille, tous deux titulaires d'emplois qui les positionnent dans la classe moyenne. Un homme et femme, comme il en existe des centaines de milliers, qui sont en quête d'un enfant auquel ils pourront offrir tout l'amour dont ils sont capables. Des gens sans histoires.
Les trois semaines accordées à Jack et Melissa vont rapidement devenir un enfer. Au point que, lorsque l'arrogant jeune père débarque à leur domicile en compagnie de deux voyous pour les intimider, c'est comme s'ils traversaient tout à coup le mur de la réalité pour être projetés dans un univers totalement inconnu. Un monde de violence, ou la mort pourrait survenir à chaque seconde. Les jours passant, ils ne comprennent pas non plus l'acharnement hystérique des deux hommes, le père et le grand-père, pour avoir le plus vite possible la garde de leur petit ange. Angelina, que le vieil homme trouve si jolie... Tellement jolie.

Éloignés de ceux de la série des « Joe Pickett », les héros de ce polar noir ne sont pas moins réussis. À la fois fragiles et forts, déterminés et malins, C.J. Box les a façonnés, comme je le dis plus haut, proches de la vraie vie. Et ils sont réellement attachants et crédibles. Outre le sujet de la question de l’adoption, C.J. Box aborde avec Trois semaines pour un adieu  (Three Weeks to Say Goodbye), la problématique des enfants qui sont kidnappés pour être revendus comme des marchandises. Impossible d’en dire davantage sans déflorer l’histoire. Mais le thème est sensible, tragique, et Charles James Box a su le mettre en lumière avec beaucoup de tact et d’habileté. Par ailleurs, il me semble que dans son roman on peut lire en filigrane le message suivant :

"On ne touche pas aux enfants !"
 

©Marguerite Rothe

À propos de l'auteur

Charles James Box (C. J. Box) est né en 1958 à Cheyenne, dans le Wyoming. Auteur de romans policiers, il est

le créateur de Joe Pickett, le héros récurent des 13 romans policiers qu'il a déjà publiés. Joe Pickett est un garde-chasse atypique qui exerce dans le Wyoming. Sa particularité est qu'il est inflexible quant à la loi, ne supporte pas les chasseurs du dimanche, les braconniers, et d'une manière générale tous ceux qui tuent les animaux par plaisir. Il adore son métier, sa femme, et ses filles. Et enfin, curieusement, il n'a pas d'affinités avec les armes de poing.
Au centre des intrigues de C. J. Box, sont toujours développés d’autres thèmes que la chasse, comme la politique, l’écologie, la société, etc. Un paysage sociologique des États-Unis rendu sans artifices.

Le résumé

Trois semaines pour un adieur, thriller de C. J. Box.

Jack et Melissa sont les parents adoptifs d’une jolie petite fille de neuf mois, Angelina. Alors que cette famille idyllique semble nager dans le bonheur, ils apprennent que l’organisme qui s’est chargé de l’adoption ne s’est pas assuré que le père naturel de l’enfant avait signé une renonciation à la paternité. Garrett Moreland, le jeune père de 19 ans, fils d’un juge influent et bon-à-rien notoire, réclame à présent son enfant. La loi est contre Jack et Melissa, mais ils comptent sur le cœur du juge pour entendre leur supplique : ne pas être séparés de leur fille. Malheureusement le juge Moreland et son fils Garrett semblent être mus par d’autres desseins que le simple fait de recomposer une famille ou de retrouver leur descendance. Le juge donne trois semaines à Melissa et Jack pour se préparer à perdre Angelina. Ces trois semaines-là, Jack et Melissa vont les passer à chercher la faille dans l’armure du juge. Une obstination qui va les conduire à découvrir des secrets extrêmement bien cachés...

Éditions Seuil Policier • 352 p. • ISBN 978-2020993050 • Prix : 21,30 €

 

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