Cléa, un thriller religieux de Frank Leduc

Publié le par Marguerite Rothe

Si vous aimez les histoires à la «Da Vinci code», de Dan Brown, alors il y a de fortes chances pour que vous aimiez Cléa, de Frank Leduc. Et pour ceux qui penseraient que ce livre ne leur conviendrait pas, parce que trop "religieux", qu'ils sachent que dans Cléa, outre l'énigme de l'enquête policière qui demande à être résolue, il est davantage question de spiritualité et de philosophie, que de religion à proprement parler.

Mon ressenti

Très positif. L'intrigue est fine, bien trouvée. Comme dans un thriller traditionnel, la découverte du nœud de l'histoire est progressive, et la narration de l'auteur aiguise savamment la curiosité du lecteur. J'ai beaucoup aimé me plonger dans cette atmosphère particulière que l'on trouve dans les romans ou les films (je pense en particulier au : Le Parrain III, de Francis Ford Coppola) qui traitent de la corruption ou des atermoiements philosophiques, voire politiques, de l'Église.

Les idées et hypothèses philosophiques proposées au lecteur sont intéressantes, pour ne pas dire pertinentes pour certaines. En fait, Leduc a réalisé dans Cléa un savant dosage entre action et réflexion. Pour ce qui est de la romance (parce qu'il y en a une !), elle est traitée avec beaucoup de mesure. De même que le « phénomène » auquel est confrontée la jeune enquêtrice pêchue (Élisabeth), dont la seule religion est son travail dans la police.

Les joutes verbales sont habilement conduites, et entraînent bien souvent le lecteur à s'identifier à l'interlocuteur du roman.

Mais c’est une fable, comme celles qu’on présente aux enfants.

– Une fable ?

– Oui, bien sûr.

Il écarta les bras, montrant de l’incompréhension.

– Enfants ou adultes, nous fonctionnons tous de la même manière. Les religions présentent juste une histoire un peu plus complexe, plus sombre aussi, mais qui fonctionne exactement avec les mêmes mécanismes. Le bien, le mal, la magie, l’autorisé, l’interdit, la culpabilité, la rédemption. Vous retrouvez exactement les mêmes codes dans la plupart des contes pour enfants.

– Donc pour vous les religions ne sont que ça ?

– Elles ne sont pas que ça, mais pour amener les fidèles à la croyance elles utilisent des subterfuges parfois très réducteurs.

Sans atteindre le niveau d'excellence du : Conclave, de Robert Harris, le Cléa de Frank Leduc est de très bonne tenue et se lit avec grand plaisir.

©Marguerite Rothe

(Au Vatican) À peu près comme dans n’importe quel autre grand pays démocratique. Il y a une opposition, des groupes de pression, des baronnies installées et bien d’autres choses relativement complexes. Mon avis était devenu minoritaire au sein du collège cardinalice, alors j’ai préféré laisser la place au courant majoritaire qui s’exprimait et reprendre ainsi mon indépendance et ma liberté de parole.

Cléa, de Frank Leduc

Résumé

Rome, le Vatican, de nos jours.

Pourquoi avons-nous tant besoin de croire ? Pourquoi aucune civilisation ne s’est-elle jamais développée sans l’idée d’un Dieu, ou parfois de plusieurs ? Lorsque l’admiration du pape nouvellement élu confie au professeur Adrian Sandgate une mission d’expertise de textes anciens, il ne se doute pas qu’il va découvrir une réponse à cette question totalement inattendue. Projetés dans une intrigue policière hors norme, une journaliste ambitieuse, un professeur en théologie écossais, un commissaire héros de la police italienne et une enquêtrice complexée en quête de reconnaissance, seront confrontés au mystère le plus inimaginable de leur vie. Et si Dieu ne nous avait pas abandonnés…

Broché : 672 pages • Prix de vente : 19,95 euros • Éditeur : les Nouveaux auteurs • ISBN-13 : 978-2819505877

Relevé quelques coquilles sans gravité + un : « elle ria », qui m'a écorché l’œil.

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