Le film noir : Cinéma et racisme, les nouveaux ayatollahs sont là ! par Alexandre Clément

Publié le par Marguerite Rothe

Je vous relaye aujourd'hui un très bon article du blogueur Alexandre Clément ; il synthétise parfaitement l'ambiance sociale actuelle insufflée par les mondialistes ; ceux-ci, toute malfaisance déployée, poursuivent leur oeuvre de destruction massive des peuples en instillant sans relâche le chaos (qu'il soit physique ou intellectuel) partout où ils le peuvent. Cette fois, leurs cibles sont Autant en emporte le vent, et Mary Poppins, deux grands classiques du cinéma. Fruits d'une époque, ils ne m'ont jamais donné l'impression d'être des oeuvres de propagande, mais simplement de merveilleux spectacles de divertissement. Comme on dit : on ne juge toujours les autres que d'après soi-même. Avoir la tête remplie de fèces ne permet pas au cerveau de voir le beau, le bon, le bien. Supercalifragilisticexpialidocious ! Non, mais !

©Marguerite Rothe

« Comme je m'intéresse au film noir, je me suis interpellé, me demandant si de m'intéresser à ce genre de cinéma ce n’était pas au fond une manière raciste d'aborder le cinéma ! D'autant que le film noir a été presqu'exclusivement tourné en noir et blanc - là le racisme est évident - mais aussi parce que ce sont essentiellement des blancs qui ont tourné des films noirs. Si encore les blancs s'étaient contentés de tourner des films blancs, ou roses, passe encore. Mais non il a fallu qu'ils tournent des films noirs. Vu les tendances naturelles de l’évolution des codes adoptés par les gouvernements, on va en venir si on suit cette tendance à interdire tous les films en noir et blanc. 

Dans la foulée des manifestations consécutives à la mort de George Floyd, HBO a décidé de retirer Gone with the wind, un des plus grands succès cinématographiques de tous les temps de sa plateforme de streaming. Cette décision indique dans quel degré de confusion nous nous trouvons. D’abord il faut souligner que quelle que soit la qualité de ce film, cette décision ressemble à un autodafé. Ces méthodes fascistes qui consistent à épurer les cinémathèques et les bibliothèques de ce qui ne plait pas à telle ou telle fraction de la population, rappellent au choix, soit l’hitlérisme, soit le stalinisme et plus près de nous, l’islam qui détruit les œuvres d’art comme si le prophète le leur avait demandé ! Peu importe que Gone with the wind soit raciste, c’est exact au moins pour partie, mais si on met au rancart toutes les œuvres qui ont un contenu raciste, on mettra au rebut une énorme partie du patrimoine culturel, à commencer par Shakespeare et ses pièces antisémites, Volpone ou Le marchand de Venise. On interdira aussi Voltaire du même coup qui en matière de racisme représentait quelque chose de pathologique. Voici ce qu’il écrivait : « Dire que les Égyptiens, les Perses, les Grecs furent instruits par les juifs, c'est dire que les Romains apprirent les arts des Bas-Bretons. »[1], ou encore Diderot : « Quoi qu'en général les Nègres aient peu d'esprit, ils ne manquent pas de sentiment. »[2]. Ne parlons même pas de cette canaille de Céline, il y a aussi Hergé, très proche des nazis d’ailleurs. Mais je n’en finirais pas de faire la liste de tous les occidentaux qui ont tenu des propos racistes. La question n’est pas de le contester, mais de savoir si nous devons banir tous ces auteurs de nos bibliothèques. Il n’est pas contestable que Gone withe a des connotations racistes, mais toute une partie du cinéma américain est comme ça, à commencer par David Griffith, et je passe sur les westerns odieux qui traitaient les indiens si mal, comme des bêtes sauvages. Remarquez que le racisme qui est dénoncé est d’abord le racisme envers les noirs, tandis qu’on passe sous silence celui qui, à travers le cinéma, a pris pour cible les Indiens. C’est d’ailleurs cela qui m’a fait détester John Wayne en tant qu’acteur tueur d’indiens. Il ne me viendrait pas à l’idée cependant de mettre les films de John Ford ou de Cecil B. de Mille au feu. Qu’on ne se gène pas pour les critiquer, cependant il faut se souvenir que Gone with the wind a été tourné en 1939, or la condition des noirs américains d’aujourd’hui n’est plus la même, quoi qu’on en pense. Et donc le monde de Scarlett O’Hara n’existe plus, se battre contre ce film ne correspond à rien, même si on pense qu’il faut encore lutter contre les discriminations raciales, sauf à vouloir réécrire l’histoire. 

 Mais l’autre côté du cinéma américain c’est presque le contraire. Très tôt on trouve des films antiracistes. Par exemple Imitation of life, dans ses deux versions est bel et bien un film antiraciste, le premier, celui de John Stalh date de 1934. Dans le cinéma américain, les films racistes ont engendré leur antidote. S’il y a eu beaucoup de westerns anti-indiens, il y en a eu beaucoup de pro-indien. La liste serait trop longue à faire ici. Le premier film parlant, The jazz singer qui date de 1927 est doublement antiraciste puisqu’il conte l’histoire d’un jeune juif qui doit se déguiser en noir pour exister ! On en est même arrivé à déclarer que Mary Poppins était aussi un film raciste sous le prétexte qu’elle se barbouille avec les enfants le visage de suie[3]. En vérité on pourrait interpréter cette scène comme un message contre les racistes, puisqu’au fond en devenant noirs les enfants et Mary Poppins découvrent la bonté qu’ils ont dans le cœur. il est évident que tout film contient un message politique. Mais outre que le message critiqué n’est pas toujours le bon, il faut prendre garde de ne pas aboutir à des interdits. Je rappelle les dégats que la Chasse aux sorcières a fait dans le cinéma américain, notamment en détruisant le film noir et les hommes qui l’ont fait[4]. Certains en sont morts parce que leur idéologie n’était pas dans le politiquement correct de l’époque qui faisait de la chasse aux rouges une nécessité absolue. Ce n’est pas pour y retomber dedans d’une autre manière en s’abritant derrière un nouveau dogme qui nous enjoint de faire notre contrition pour expier la faute hypothétique de nos parents ou de nos ancètres lointains. Il faut le dire, il s’agit aujourd’hui d’une autre chasse aux sorcières, simplement elle a changé ses critères, mais c’est encore la même chose. 

Nous sommes dans la confusion la plus totale. HBO a décidé de revenir sur sa décision stupide, en promettant de livrer le produit, Gone with the wind, en le contextualisant. Autrement dit cela signifie qu’avant la projection du film on invitera un universitaire ou on mettra un carton qui nous expliquera ce qu’il faut penser des conditions dans lesquelles ce film a été produit, histoire de nous culpabiliser si par mégarde il nous arrivait de l’apprécier. Ce qui veut dire clairement qu’on est trop con pour se livrer à sa compréhesion par nous-mêmes. Le Grand Rex devait organiser une projection de ce qui est en train, plus de 80 ans après de devenir un film maudit le 23 juin 2020. Mais l’équipe du Grand Rex, la merde au cul, a reculé, arguant que c’était Warner qui imposait ce choix[5]. En vérité si les pays dits développés proposait un enseignement de qualité, notamment en donnant une plus large par à l’histoire, à la poésie et à la philosophie, il me semble que l’on n’aurait pas besoin de mettre un filet de sécurité chargé de moraline pour protéger des caractères faibles que la perversion que Gone with the wind engendrerait. C’est ce que semblait vouloir dire Régis Wargnier qu’on interrogeait sur cette censure incongrue[6] Les religions en général sont friandes des principes qui régissent la censure, supposant qu’il faille guider les âmes simples vers le bien. Mais c’est une erreur parce que le bien lorsqu’il est défini par une partie de la société contre le reste de celle-ci conduit inévitable à la dictature des imbéciles. Après le passage d’Hitler au pouvoir, la culture ayant été détruite, l’Allemagne n’a plus jamais été la même, elle a sombré dans un mercantilisme honteux qui tient maintenant à l’écart toute forme de pensée critique, les arts eux-mêmes ont été abandonnés à leur triste sort. Il faut comprendre que ces velléités d’interdire tout est n’importe quoi est aussi le résultat du multiculturalisme : chaque partie frustrée de la population s’estime maltraité sur le plan matériel, mais aussi sur le plan de sa représentation. Ça fait des années maintenant qu’on entend le refrain disant que tout est une question de quota, vieille ritournelle reprise par bêtement par Virginie Despentes qui ne savait même pas que de nombreux noirs avaient obtenu des postes de ministres[7]. En lisant la lettre qu’elle a adressée à ses amis blancs, on se rend compte que sa diatribe était aussi bien le résultat d’un mensonge, ou pire encore celui d’une ignorance. Mais dans tous les cas cela aboutit à une forme de terrorisme particulier qui nous est insupportable. 

Mais si une petite minorité de sociologues ou de politologues, se lancent dans ce combat douteux en appuyant quelques activistes de profession, leur attitude engendre encore son inverse. Par exemple quand HBO décide de ne plus proposer Gone with the wind sur sa plateforme, les ventes de ce film explosent sur Amazon[8]. On doit y voir là un réflexe d’autodéfense contre cette censure absurde qui se cache derrière des principes moraux pour interdire ceci ou cela, pour imposer ses choix débiles, mais à son image. En vérité on comprend à travers ses actions que le but n’est pas de s’attaquer au racisme, mais de détruire la culture en général dans toute son épaisseur historique pour imposer d’autres codes qui n’ont pas de racine et qui éradiquent tout esprit critique pour ne faire des spectateurs il me semble qu’on n’aurait pas du cinéma que des populations passives, de simples consommateurs. Ce n’est plus à une critique du passé qu’on se livre, mais à sa négation. Nous devons défendre la liberté d’expression, donc la possibilité de voir Gone with the wind ou Mary Poppins, et aussi la liberté de critiquer ces films sans pour autant vouloir les donner au bûcher.»

Alexandre Clément

Source de l'article : ici.