Le veau d'or : du sacré à l'avilissement

Publié le par Marguerite Rothe

frédéric dardel, INSERM, charnier de l'université René Descartes, Paris-Descartes, Centre Don des Corps,
Il faut également noter que de juin 2019 à juin 2020, ce brillant gestionnaire a œuvré comme conseiller auprès de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Aujourd'hui on ne fait plus grand cas de la vie, puisque depuis peu il est devenu possible de tuer, ou plutôt non, d'assassiner légalement un fœtus arrivé à terme, et cela, au nom de la loi de "bioéthique" (synthèse ici, en PDF). Quelle éthique ? Depuis quand est-il "éthique" de tuer un nourrisson dans le ventre de sa mère juste avant l'accouchement ? Il se trouve que la mort est à la même enseigne : maltraitée, méprisée. Et, dans les cas les plus graves : considérée comme inutile ; une vraie empêcheuse de tourner en rond, celle-là ! L'éternité, vous dis-je ! Avec Google, vous verrez ce que vous verrez (même avec d'autres entreprises, si vous fouinez un peu) ! Sans même s'en rendre compte, l'humanité est en train de perdre son âme. Pourvu qu'il y ait un petit profit. Avec cet appétit insatiable du fric, la vie et la mort, ces deux états qui ne sont qu'un tout, le caractère sacré de ce qu'elles représentent est en passe de sombrer au néant ; celui de la barbarie.  

Aujourd'hui, je ne vais pas vous parler des bébés avortés, vous savez, ceux qu'on laisse agoniser dans un coin, comme celui-ci, parce que ce pauvre petit chou n'a pas eu le bon goût de trépasser sitôt avorté. Je vais vous parler de la mort. De vos morts, de nos morts. De ceux qui nous ont quittés, mais qui sont toujours dans nos cœurs. Et que nous chérissons, même s'ils nous ont fait enrager de leur vivant.

Dans cet article, il va être question du don que l'on fait de son corps à la science après avoir trépassé. Et de ce qu'il advient à ce corps ; celui de ces pères, mères, frères, sœurs, êtres chers. C'est une décision d'une grande générosité, que prennent certains d'entre nous. Une décision que ces chers défunts se seraient bien gardés de prendre, s'ils avaient su ce qu'il adviendrait de leur corps une fois livré au CDC de l'université Paris-Descartes. Être découpé, examiné, et étudié est une chose, mais être bouffé par les rats et voir sa tête servir de ballon de foot en est une autre. Il y a des choses, lorsque je les lis, qui me font me demander si je ne lis pas de travers. Et je dois m'y reprendre à deux fois, tellement c'est terrible. Je parle de l'épouvantable scandale du charnier de la faculté de médecine René Descartes à Paris ; une ignominie soigneusement dissimulée depuis plusieurs années. 

« Selon L'Express, le Pr Richard Douard, président du CDC de 2014 en 2017, aurait alerté Frédéric Dardel, président de Paris Descartes [...], un document de 27 pages avec photographies à l’appui, et ce fin 2016. 

Face à «l'inertie des pouvoirs publics», Richard Douard démissionne en octobre 2017. Sa démission est suivie de celle de Xavier de Bonnaventure, chargé d'enseignement en droit public et alors membre du comité d'éthique du CDC, puis de celle du Pr Brigitte Mauroy, urologue à Lille et présidente dudit comité d'éthique. » ici.

En réalité, l'alerte est donnée au président de l'université F. Dardel le 23 janvier 2012, par un compte rendu de visite effectuée par un médecin de prévention, et de deux ingénieurs (risques, hygiène, sécurité)

Une visite qui faisait suite à des signalements relatifs à des dysfonctionnements mettant en cause la sécurité sanitaire de l'établissement ; je vous laisse le soin de découvrir dans le document ci-dessous, de quelle immonde gabegie il s'agissait : 

Et que pensez-vous qu'il se soit passé ? RIEN. Tout a continué de pourrir sur place : locaux, meubles et cadavres. La lettre de démission du Professeur Brigitte Mauroy (document Scribd) en 2017, en dit long sur l'ambiance qui régnait dans l'université à cette époque-là. Des réclamations (justifiées) de Madame Dominique Hordé, du Professeur Richard Douard, et de Monsieur Nicolas Baverez se heurteront à un mur. Il aura fallu la publication de l'enquête de l'Express, pour qu'enfin, les portes de cet infâme établissement soient fermées. Et que le mot terrible de "charnier" soit évoqué ouvertement.

En continuant de chercher un peu, on se rend compte que l'affaire est suffisamment embarrassante pour certains, puisqu'une équipe de cambrioleurs a été diligentée afin de récupérer des cartons d'archives ; pas n'importe lesquelles : celles de 2002, 2009 et 2016. 

Dans cette affaire, il y a le côté sordide de l'irrespect des corps des morts, ceux de ces gens bons et généreux qui pensaient faire don de leur corps pour le bien d'autrui. Et puis il y a côté abject du profit. La revente des crânes et des ossements à des collectionneurs sans scrupules. Et pire encore, la revente de corps entiers ou débités, selon la demande :

« Un corps entier pouvait ainsi être vendu 900 euros, un membre 400 euros. Une tarification votée en 2011 par le conseil d'administration de l'université. Frédéric Dardel, interrogé par L'Express, défend cette vente de dépouilles votée sous sa présidence : «Les corps représentent un coût marginal, il est normal que ceux qui les utilisent payent». Selon un audit de KPMG, les organismes privés auraient ainsi contribué à 75% du chiffre d'affaire du CDC en 2013.» Ici.

Des corps qui ont été offerts, généreusement donnés par solidarité... Récapitulons : l'Agence de la Biomédecine nous explique que : « La loi interdit toute rémunération en contrepartie de ce don. » ; donc, parce que la loi n'en parle pas, ces mêmes corps peuvent faire l'objet de transactions financières après avoir été réceptionnés au CDC ? J'ai bon, là ?

 

Je frémis d’appréhension, en pensant que l'ancien président de cette université, M. Frédéric Dardel, est aujourd'hui conseiller à l'INSERM auprès du président M. Gilles Bloch. L'INSERM, vous rendez-vous compte ? C'est là où se décide ce qui doit être fait en matière de santé publique (entre autres missions). En parlant de l'INSERM, allez donc jeter un coup d’œil à la section « Présidents ». Quand je dis que la France est un sacré bon gros fromage...

©Marguerite Rothe

Centre du Don des Corps (CDC) • État des locaux et du matériel • RV du 17 novembre 2016 avec Frédéric Dardel

(Beaucoup de photos illustrant ce rapport ont été "floutées", elles restent cependant très parlantes. Tout simplement, on ne se croirait pas en France, et encore moins dans un Centre reconnu à l'international) 

À Savoir :

L'article L. 671-7 du code de la santé publique, introduit par la loi n° 94-654 du 29 juillet 1994 dite « loi bioéthique », prévoit que « le prélèvement d'organes sur une personne décédée ne peut être effectué qu'à des fins thérapeutiques ou scientifiques [...]. Il peut être effectué dès lors que la personne concernée n'a pas fait connaître, de son vivant, son refus d'un tel prélèvement. Ce refus peut être exprimé par l'indication de sa volonté sur un registre national automatisé prévu à cet effet. [...] Les conditions de fonctionnement et de gestion du registre sont déterminées par décret en Conseil d'Etat ».

Qu'est-ce que le consentement « présumé »

« En France, le don d'organes et de tissus est régi par les lois de bioéthique. Les trois grands principes sont le consentement présumé, la gratuité du don et l’anonymat entre le donneur et le receveur.

• Principe du « consentement présumé » : en France, la loi indique que nous sommes tous donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus de donner (soit en informant ses proches, soit en s’inscrivant sur le registre national des refus).

• Gratuité : le don d’organes est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit. La loi interdit toute rémunération en contrepartie de ce don. 

• Anonymat : le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande. » Agence de la Biomédecine

Registre national des refus (de donner ses organes et tissus)

le veau d'or, «Ils firent un veau en Horeb, et se prosternèrent devant une image de fonte; Et ils changèrent leur gloire en la figure d’un bœuf qui mange l’herbe. Psaume 106:19
Devant Wall Street : le "Charging Bull", d’Arturo di Modica