Bifrost n° 80, Spécial Stephen King

Publié le par Marguerite Rothe

J'ai tellement aimé ce numéro acquis au format électronique, que j'ai récidivé en le rachetant au format papier afin de pouvoir aller et venir à l'intérieur tout à mon aise ; à ce propos : à quand la possibilité d'obtenir pour un euros symbolique le format électronique d'un ouvrage lorsqu'on l'achète en papier ?

Bref...

revue Bifrost numéro spécial stephen king

Dans ce numéro, la revue nous propose une nouvelle de Ken Liu, Chaussures de course, et une autre d’Alyssa Wong, La Reine pêcheuse. Et deux nouvelles inédites – en France – de Stephen King : Mauvaise herbe et La nuit du tigre. Ensuite, pas moins de onze articles illustrés – dont une bibliographie non exhaustive mais néanmoins très complète –, de journalistes-écrivains nous entraînent dans une plongée en profondeur au cœur de l'univers du maître de la littérature fantastique. Un régal.

Les nouvelles de Ken Liu et d'Alyssa Wong :

Chaussures de course, de Ken Liu embarque le lecteur aux côtés de ceux qui sont piégés dans l'engrenage de la course d'un capitalisme devenu totalement incontrôlable. La chute, tout en douceur, temporise la dureté du texte. Un peu comme si lors d'un cauchemar prêt à se terminer dans les affres de l'épouvante, celui-ci se rembobinait soudainement pour revenir à son point de départ de rêve ordinaire, mais rassurant. Avec cette nouvelle, j'ai découvert Ken Liu sous un nouveau jour. Du coup, je pense revenir à L'homme qui mit fin à l'histoire ; texte dans lequel je n'étais pas arrivé à entrer (faute de synchronisation de longueur d'ondes, je pense).

J'ai bien aimé aussi La Reine pêcheuse, d'Alyssa Wong. Son texte modernise résolument le thème des sirènes. Un texte intéressant, qui fixe en mémoire le nom de l'auteur pour d'éventuelles prochaines lectures.

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Introduction au dossier

Au travers du prisme Stephen King

Aborder Stephen King, c’est se confronter au rêve américain – tout semble facile chez lui, comme évident, y compris la manière dont il fait fortune dès son premier livre publié – et marcher sur les terres d’un des auteurs les plus lus dans le monde, sans doute le romancier le plus adapté au cinéma de son vivant, mais aussi, longtemps, l’un des plus déconsidérés par la critique. Or King est un géant de la littérature, à l’image d’un Hugo ou d’un Dickens, un immense romancier naturaliste dont l’œuvre contient tout ou presque de l’Amérique post Viêt-Nam, coda passionnante et nécessairement inégale porteuse d’une étrange magie. Car il y a de la magie chez King, oui, ce truc incroyable qui fait qu’on ouvre ses bouquins sans pouvoir les refermer avant d’en avoir achevé la lecture, cinq cents, mille pages plus loin. Voilà ce que nous abordons ici, un auteur magique. À nous de capter l’essence de cette magie, de tenter d’en percer les secrets. Non sans une certaine crainte…

p. 100 (Pierre-Paul Durastanti)

Les nouvelles de Stephen King présentées dans la revue

Mauvaise herbe

Publiée en 1976, la nouvelle Mauvaise herbe relate l'aventure d'un paysan du New Hampshire. Alors qu'il a

Creepshow, affiche du film de George A. romero,

prévu d'aller voir le feu d'artifice après le boulot (nous sommes le 4 Juillet), Jordy Verill voit une météorite terminer sa course non loin de sa propriété. Le phénomène est éblouissant. Bien mieux que le bouquet final d'un feu d'artifice, constate-t-il. Il va donc changer son programme et aller voir de près de quoi il retourne...

Publiée deux ans après Carrie, la nouvelle  Mauvaise herbe est du pur "King". Efficace de bout en bout, elle nous entraîne dans les coursives du Grand Imaginaire où tout devient possible. Et puis il y a cette écriture, dont je n'arrive pas à me lasser après tout ce temps. Après toutes ces lectures...

 

Pour la petite histoire, en 1982, dans son film à sketches Creepshow (daté, mais néanmoins culte), George Romero adapte Mauvaise herbe à l'écran, dans lequel Stephen King, à la manière d'Hitchcock, interprète le rôle de Jordy Verill.

 

Stephen king, dans : Mauvaise Herbe, le film à sketches Creepshow de George A. Romero

 


La nuit du tigre

Parue aux États-Unis comme en France en 1978, la nouvelle La nuit du tigre sera rééditée dans diverses anthologies outre-Atlantique, mais jamais au sein d'un recueil de Stephen King. Quant à la publication française, elle n'a eu lieu qu'une seule fois : dans le numéro 291 de la revue Fictions en juin 1978.

numéro au sein duquel Daniel Riche précisait : « King écrit admirablement bien. C’est là que réside sa force, dans cette faculté qui lui est propre de transfigurer par la magie d’une écriture particulièrement efficace des thèmes fantastiques appartenant à une longue et solide tradition. » Nous avons jugé utile, pour rendre justice aux qualités d’écriture louées par Riche, de retraduire « La Nuit du tigre » ex nihilo. Voici donc une rareté dans le corpus kingien, bénéficiant d’une version française inédite.

Bifrost n° 80 p.44

Illustration de la nouvelle La nuit du tigre, de Stephen king, dans le numéro 80 du bifrost magazine

Sur un coup de tête, Eddie Johnston de Sauk City, démissionne du bazar de M. Lillie où il travaille depuis la fin de ses études pour rejoindre le Farnum & Williams Circus. C'est là qu'à l'occasion d'une altercation avec le dresseur de lion, l’irascible Indrasil, il va faire la connaissance d'un certain Monsieur Legere, possiblement flic de son état – ce que veut nous fait accroire l'auteur avec aplomb...

Ce que j'ai le plus aimé dans cette nouvelle, c'est l'épisode de la tempête et ses effets sur les protagonistes. D'une certaine manière elle est, selon moi,  le personnage central de l'histoire. Celle par qui tout arrive. Par ailleurs, l'atmosphère m'a aussi remis en mémoire celle de Joyland : chaleur écrasante, chapiteau, personnages singuliers... Du Stephen King pur sucre !

 

©Marguerite Rothe

 

Bande annonce du film de George A. Romero Creepshow

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