Bird box, de Josh Malerman 🎬 Film en vue

Publié le par Marguerite Rothe

Bird box est un roman de science-fiction de josh malerman. Le thème : la fin du monde. Survivre en milieu hostile.

Bird Box, de Josh Malerman, est un thriller particulier et prenant. Maintenant, quant à dire qu'il est "envoûtant", comme l'affirme le blurb du 1er plat, c'est à mon avis un poil exagéré. 

Plus exactement, Bird Box est un roman qui se situe entre le thriller post-apocalyptique, le roman de science-fiction voire d'anticipation, et le roman d'aventure à message initiatique, donc plusieurs genres pour nous faire découvrir le combat survivaliste d'une jeune femme et de ses deux enfants. Car presque seuls au monde, ces trois-là vivent reclus dans une maison où tout ce qui donne accès au regard sur l'extérieur a été bouché, barricadé. Simplement parce que regarder ce qui se passe au dehors rend fou. Fou à mourir, fou à tuer, fou à se tuer soi-même. D'où le sous-titre du livre :

"N'ouvrez Jamais les yeux"   

Que peut-il y avoir de si terrifiant au dehors, de tellement abominable, pour qu'un seul regard sur cette chose innommable démantèle la raison sans coup faillir ? Une chose qui n'épargne personne ou quasiment quand on la voit ; même les animaux peuvent être touchés. Et la sentence est toujours la même pour ceux qui regardent : la folie, puis la mort.

Ceux qui ne peuvent être vus sont-ils des Aliens ? Sinon, un virus ? Ou encore de la magie ? Le lecteur ne le saura jamais vraiment. Pas plus qu'il ne saura quel évènement a provoqué ce nouveau modèle terrestre auquel semble désormais soumise une grande partie du vivant. Le lecteur a le loisir de tout imaginer, puisque l'auteur ne délivre que ce qu'il veut dans son histoire ; c’est-à-dire : des bribes d'informations. De même lorsqu'il prend le parti de ne pas nommer les enfants. À aucun moment il ne prend la peine d'expliquer pourquoi, même sommairement. Alors tout au long de l'histoire – sauf à la toute fin –, ils seront : "Garçon" et "Fille". Pourquoi dépersonnaliser les enfants, au point de ne pas les nommer, alors qu'en toute logique ils sont l'incarnation de l'espoir ? Difficile à cette condition, de développer de l'empathie pour les héros. Est-ce un clin d’œil à Cormac McCarthy pour son roman La route ? Un procédé d'écriture qui manque sa cible ? Autrement, malgré quelques petites facilités d'écriture et autres menus défauts, la lecture de Bird Box est accrocheuse. Il faut bien avouer que le thème central, qui est celui de la vue, et l'absence de celle-ci, en est la raison principale. Et c'est quand il écrit sur cette absence que Josh Malerman est bon, parce qu'il arrive à capter l'attention du lecteur sur tout ce qui touche la sensorialité. Que fait-on lorsque la vue nous est ôtée ? Et qui plus est, dans des conditions dramatiques ? Peut-on survivre ? Que ressent-t-on ? Comment affronte-t-on la peur ancestrale du noir, éternel écho de l’effrayant magma de l'inconscient ?

"Le son, de nouveau. Pour la troisième fois. Mais il est en mesure de déterminer d’où il provient, à présent. De l’intérieur du puits. Il relâche la manivelle, recule d’un pas. Le seau s’échappe de ses mains, va s’écraser contre la pierre, avant d’aller se perdre dans les profondeurs du puits. Quelque chose a bougé. Quelque chose a bougé dans l’eau. Vraiment ? Soudain il a froid, trop froid. Il tremble. Jules lui crie quelque chose, mais Félix se refuse à lui répondre. Il ne veut pas produire un son. Il attend. Et plus les secondes passent, plus la frayeur s’empare de lui. Comme si le silence se faisait de plus en plus assourdissant. Comme s’il était sur le point d’entendre quelque chose qu’il ne veut pas entendre. Mais aucun son ne lui parvient, aussi s’efforce-t-il de se convaincre qu’il a tout imaginé. Peut-être y avait-il quelque chose dans le puits, bien sûr, mais ça aurait aussi bien pu se trouver dans la rivière. Ou dans les bois. Ou dans l’herbe."

Josh Malerman lui, prend le parti de dire : oui, l'être est capable d'aller au-delà du regard. Alors le lecteur se laisse convaincre, et décide de suivre le périple composé de sons, d'odeurs, de plaies et de de bosses qu'il nous décrit. Et c'est quelque chose qu'il fait plutôt bien, car contrairement à ses personnages, dont la psychologie reste assez superficielle ou mal calibrée, ses ambiances sensorielles sont réussies. Je me dis qu'il a dû faire pas mal de trucs les yeux fermés, pour "voir" comment ça fait quand on ne peut appréhender notre environnement uniquement que par le toucher, l'odorat et l'ouïe ; pour expérimenter ce qu'il advient du regard, quand celui-ci se fait intérieur. Pour écrire au plus juste.

Le "défaut" de Bird Box, selon moi, est qu'il n'est pas abouti. Ce qui ne veut pas dire que c'est un mauvais livre, puisqu'il se lit sans déplaisir. Et puis c'est un premier roman, donc il mérite l'indulgence qu'on accorde à la jeunesse. Enfin, j'espère que la maturité qui fait défaut au roman sera au rendez-vous avec le film annoncé pour bientôt au cinéma.

 

©Marguerite Rothe


Synopsis

roman de science-fiction, de josh malerman

Malorie élève ses enfants de la seule façon possible : barricadés chez eux. Dehors, il y a un danger terrible, sans nom. S’ils s’aventurent à l’extérieur, ce sera les yeux bandés pour rester en vie. S’ils ôtent leurs bandeaux, ils se donneront la mort avec une violence inouïe. Malorie a deux solutions : rester cachée avec ses enfants, isolée, ou bien entamer un terrifiant périple jusqu’au fleuve dans une tentative désespérée, presque vaine, pour rejoindre une hypothétique colonie de survivants. La maison est calme. Les portes sont verrouillées, les rideaux sont tirés, les matelas cloués aux fenêtres. Les enfants dorment dans la chambre de l’autre côté du couloir. Mais bientôt, elle devra les réveiller et leur bander les yeux. Aujourd’hui, ils doivent quitter la maison et jouer le tout pour le tout.

 


Vidéo promotionnelle du livre

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Le film à venir

Réalisé par Susan Bier, la vedette du film Bird box sera Sandra Bullock. Le tournage devrait commencer à l'automne prochain (2018). John Malkovitch fait également partie du casting.

J'aime bien le côté naturel et énergique de Sandra Bullock, mais je la trouve carrément trop vieille pour jouer le rôle d'une jeune mère. Pour ma part, j'aurai bien vu Dakota Fanning endosser le rôle. Excellente actrice, avec déjà 38 films à son actif, le personnage de Malorie  lui aurait été comme un gant.

Sandra Bullock • Dakota FanningSandra Bullock • Dakota Fanning

Sandra Bullock • Dakota Fanning

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