Le livre des Baltimore, de Joël Dicker

Publié le par Marguerite Rothe

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Bon, ça me rassure, je ne suis pas seule à me demander ce que fabrique Joël Dicker avec son traitement de texte. Je m'explique : d'un côté, beaucoup de commentaires encensent Le livre des Baltimore, et de l'autre, pas mal avouent s'être ennuyés. Je fais partie de la seconde vague.

Si la lecture de La vérité sur l'affaire Harry Québert m'avait accrochée, malgré ses longueurs agaçantes j'ai voulu aller plus avant dans la découverte de cet auteur. Pour ne pas rester sur une perception mitigée. D'autant qu'avec l'Affaire Harry Québert, j'avais eu l'impression que le bonhomme en avait dans le stylo. C'est donc dans cet état d'esprit que j'ai ouvert Le livre des Baltimore.

La vérité sur l'affaire du livre des Baltimore

Dans un premier temps, je n'ai pas rejeté l'idée que cette famille de Baltimore pouvait être formidable. Pourquoi pas après tout. Sauf que tout est dans la manière, dans le style. Dans ce qui s'y passe. Ici, pas grand chose, beaucoup de banalités, et un Drame. Terrible. The Biggest, avec une majuscule, s'il vous plaît. Drame dont l'auteur prend le parti de ne rien dire. Rien de rien. À mi-chemin, me doutant d'une entourloupe en mode "Affaire Québert", je suis allée à la pêche aux commentaires. J'ai bien fait, Joël Dicker ne livre les clés du "Drame" qu'en toute fin de livre ; soit 480 pages, tout de même... Certes, Dicker a de la technique, mais ensuite ? En tout cas, pour ce livre, j'ai trouvé son écriture sans personnalité. Et sans même parler des facilités scénaristiques, l'histoire est d'un ennui mortel. Il m'est resté de cette demi-lecture l'impression globale d'un gros gâchis. Quel dommage.

Cependant, je garde bon espoir. Dicker sait écrire, il est jeune, et il a du temps devant lui pour développer son talent d'écrivain. Je ne lui souhaite que le meilleur.

« L’ombre de Philip Roth plane au-dessus de cette laborieuse entreprise romanesque. Joël Dicker croit réécrire Pastorale américaine (Gallimard, 1999), mais il nous donne plutôt un nouvel épisode du Club des cinq honorablement troussé. » Éric Chevillard, Le Monde des livres*

Une formulation un peu sèche, mais très juste, au fond.

*Citation relevée dans l'article  de Raphaëlle Leyris (M. Livres)


Dernière minute

Au moment où je termine cette courte chronique, j'apprends qu'avec son prochain livre Monsieur Dicker récidive en matière de disparition : La disparition de Stéphanie Mailer.

Euh... "Affaire" à suivre ?

©Marguerite Rothe


Saul Goldman ? Non ! Saul Goodman !

Si comme moi Le livre des Baltimore vous a un peu agacé, dépité, frustré, alors faites-vous quelques épisodes de la série Better call Saul. À une lettre près, vous y ferez la connaissance d'un Saul Goodman purement génial, incarné par le non moins génial Bob Odenkirk. Récupération du sourire garantie. 😀


Quatrième de couverture

Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

Éditions De Fallois - 480 pages - ISBN : 978-2877069472 - 22 €.


 

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