Mon entretien avec l'Indé Panda pour ma nouvelle "Mondorama"

Publié le par Marguerite Rothe

mon interview avec le magazine l'Indé Panda pour parler de mon texte Mondorama

Tu as été sélectionnée pour ce septième numéro avec ta nouvelle Mondorama, peux-tu expliquer sa genèse ?

J’étais (et le suis toujours) en plein travail de révision de Complot(s), lorsque la partie manquante d’un texte remisé depuis des lustres dans mon ordinateur a surgi dans mon imaginaire. À ce moment-là, on est un peu comme le collectionneur qui découvre par hasard une pièce recherchée depuis longtemps. Un vrai plaisir ! J’ai tout de suite noté l’essentiel de ma trouvaille afin de poursuivre mes corrections l’esprit tranquille. Sauf que cela n’a pas été possible. Désormais complète, cette nouvelle – qui est un fort écho de Complot(s), pour tout dire – ne me « lâchait » pas. Il a donc fallu que je la transcrive pour pouvoir reprendre le cours de mon travail. Les connexions qui se font dans l’imaginaire sont toujours surprenantes, c’est l’une des beautés de l’écriture.

Plus à l’aise dans un registre particulier ? De quoi aimes-tu parler dans tes histoires ?

Le réel me touche beaucoup. Je suis très intéressée par l’évolution et l’histoire des sociétés, et ce, jusqu’aux faits dits : « divers », éminemment humains, je trouve. J’ai beaucoup de plaisir aussi à faire des incursions dans le fantastique.

Quant au registre que j’adopte, il est surtout en fonction du sujet lui-même. À partir de là, c’est l’occasion pour moi d’expérimenter diverses formes de narration. Une bonne façon de tester mes capacités, et les limites de celles-ci.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Te rappelles-tu ta première histoire ?

Je suis venue à l’écriture en 1995. Cet été-là, j’ai décidé de consigner le déroulement de mes vacances dans un petit carnet. Les congés se sont terminés, mais le désir de noircir du papier est resté. Alors j’ai continué, et c’est à cette époque que je me suis mise à rédiger des nouvelles, plus ou moins longues, plus ou moins réussies. Mais toujours avec bonheur. Celui d’écrire, et celui d’apprendre à écrire. De progresser, encore et encore.

Quel est ton rythme d’écriture ?

Il est quotidien : deux heures le matin, et une heure l’après-midi. Le reste du temps, je le consacre à tout ce qui tourne autour de l’activité d’un auteur qui s’autoédite.

Comment construis-tu ton travail ?

J’imagine une histoire (ou plutôt : mon imaginaire me propose une histoire), je la « visualise » dans son ensemble, et si j’estime qu’elle est complète (début – milieu – fin), je me mets au boulot. Je travaille d’abord la trame du projet, laquelle est associée à de la recherche documentaire (qui passe par de la navigation Internet, mais aussi par la lecture – des essais, le plus souvent – concernant le sujet). Et lorsque j’ai réuni tout le matériau nécessaire, je commence à écrire ce que j’ai en tête. Ensuite, ce premier jet sera lu, relu, modifié, trituré, malaxé, jusqu’à ce qu’il se rapproche le plus possible de mon idée de départ. Des fois j’y arrive, et des fois pas.

Plutôt nouvelle ou roman ?

Plutôt nouvelle et novella.

Pourquoi être indépendant ?

Quand j’ai commencé à écrire, le nombre de lecteurs que j’avais était carrément riquiqui. Et puis Internet est arrivé dans nos vies. Puis Amazon, avec KDP. Pour moi, être auteur indépendant, c’est avoir la possibilité d’atteindre des lecteurs via Internet. D’être lue en dehors de mon cercle intime et amical.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce statut ?

D’une grande souplesse, l’autoédition est un statut fantastique ; d’une part pour celles et ceux qui se sentent auteurs dans l’âme, et qui vont avoir par ce biais l’opportunité d’éprouver leurs capacités de travail. Je crois tout à fait possible de démarrer une carrière en commençant par l’autoédition (à condition de ne pas avoir peur de bosser d’arrache-pied), et d’autre part, pour les gens comme moi, passionnés de littérature et d’écriture, mais qui sans avoir le désir d’être forcément publiés, ont cependant celui d’être lus.

Mais au-delà de ces considérations, pour moi, être indépendante signifie aussi avoir la liberté de ne pas écrire en fonction des modes ou des courants idéologiques. Mon but n’est pas de plaire absolument, mais d’écrire ce qui me touche, ce qui me révolte ou me passionne. J’ai trop besoin de sincérité pour agir autrement.

À l’inverse, qu’est-ce qui est le plus dur pour toi ?

Rien. J’adore faire de la recherche documentaire, travailler sur la typographie, faire la mise en page, créer mes couvertures, bref, faire tout ce qui est à ma portée pour que ce que je produis soit un maximum professionnel. L’objectif étant : la satisfaction du lecteur. En ce moment, je réfléchis à l’élaboration d’une vidéo promotionnelle pour Complot(s) ; c’est quelque chose que je n’ai jamais fait, mais j’espère bien y arriver. En tout cas, le défi me plaît.

Quel type de lecteur es-tu ?

Insatiable, depuis que j’ai réalisé que : B + A faisait : BA !

Dans ce numéro 7 de L’Indé Panda, tu nous présentes ton roman « Complot(s) », peux-tu me raconter ce qui t’a inspirée ?

Le consumérisme outrancier, et la catastrophe en devenir qu’il induit à l’échelle planétaire. Cela concerne non seulement les ravages (dont on sait déjà que certains sont irréversibles) causés à l’environnement, mais aussi, et par contrecoup, l’avenir de l’humanité, qui peine à comprendre que la Terre est le seul « vaisseau » dont elle dispose pour s’épanouir au sein de notre belle voie lactée.

Pour finir, L’Indé Panda, c’est quoi pour toi ?

Pour moi, L’Indé Panda c’est une structure pilotée par une formidable équipe de fondus de littérature. Et, aujourd’hui, avec Mondorama, je suis réellement très fière de l’avoir intégrée pour une petite partie en tant qu’auteur. Merci à toutes et tous pour votre énergie, votre passion, et votre généreux engagement dans la réalisation de ce magazine !

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Addendum : Depuis qu'elle a été publiée dans ce n°7 de l'Indé Panda, cette nouvelle a été revue, et augmentée. Après quoi, j'ai décidé de ne plus y toucher (même si elle mériterait très sûrement d'être encore travaillée). Alors pour me déculpabiliser, je me répète à l'envi : "Le mieux est l'ennemi du bien". "Le mieux est l'ennemi du bien". "Le mieux est l'ennemi du bien". Etc. Un mantra que rejetterait avec force le sieur Boileau 😏

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