Outresable, de Hugh Howey

Publié le par Marguerite Rothe

Après avoir vainement essayé de lire Silo, l’œuvre de science-fiction (encensée par plus de 300 000 lecteurs !) de hugh Howey, j'ai persisté avec Outresable. Me remémorant le célèbre cycle de Dune de Frank Herbert, je me demandais, parcourant rapidement la quatrième de couverture, comment Howey, lui, avait traité le sujet. Et pis, comme je suis une fille, le rose de la couverture m'a bien plu.^^

Pour la problématique du sable, si l'on fait abstraction d'impossibilités physiologiques, Howey s'en sort plutôt pas mal. Suffisamment pour que le lecteur puisse entrer dans sa démarche fictionnelle.

Pour ce qui est de l'histoire, à quelques défauts près, à condition de ne pas être trop difficile, elle se laisse lire. Le traitement des personnages, leurs personnalités, et leurs actions sont bien rendus, et même assez souvent joliment écrits. Leur environnement social également. D'un autre côté, j'ai trouvé que les descriptions environnementales manquaient de clarté et / ou de logique. Par exemple, il y a un pays situé au-delà d'une région appelée "No Man's Land", dont on ne revient jamais. Un lieu fort éloigné, duquel provient pourtant le ronflement de bombardements incessants ; mais c'est quoi, ces bombes ? Par ailleurs, c'est un pays qui ploie sous le joug d'une dictature féroce, et à laquelle les habitants n'ont aucune chance d'échapper. Il y a là bien sûr une dimension politique, mais elle est ignorée par l'auteur. Là-bas, c'est une dictature, et les gens sont méchants et cruels (point). 

La plupart du temps, Howey noie sous le sable son lecteur, qui déduit en toute logique que c'est là un environnement très hostile (où l'eau s'extrait du sous-sol jour et nuit, avec la plus grande peine - un travail fait par des enfants). Or, il se trouve que çà et là, il est fait allusion à des jardins ; par ailleurs, si l'eau est rare, la bière, elle, est loin de manquer. Ou alors, ce sont des incohérences comme la taille de l'arme finale, que l’héroïne parvient à transporter dans un sac à dos ; ce qui en toute logique est parfaitement impossible (difficile d'en dire davantage pour ne pas déflorer l'histoire).

Ce que j'ai trouvé étonnant aussi, c'est l'apparition très tardive dans le roman des deux véritables héros de l'histoire, et plus précisément celle de Victoria (l'héroïne). De même que j'ai trouvé disproportionné le premier tiers du livre, où il est question de piratage, d'amitié trahie, et de la découverte d'un site qui n'a d'autre fonction dans l'histoire que d'être celui où l'arme fatidique est trouvée.

Outresable est le livre idéal pour les vacances. Divertissant et sans prise de tête, il fait le job. Qualitativement, vous l'aurez compris, il se rapproche davantage du film Peut-être (la dimension humoristique en moins), de Cédric Klapisch, que du grand cycle de Dune de Frank Herbert.

©Marguerite Rothe, juillet 2019

 

Broché: 398 pages - Éditeur : Actes Sud Éditions (2019) - Collection : Exofictions • ISBN-13: 978-2330117917 - Prix de vente : 14,99 € (format électronique); 22,80 € (format broché)


Publié dans Anticipation • SF

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