La harpe d'herbes, de Truman Capote

Publié le par Marguerite Rothe

J'avais lu avec grand intérêt sa non-fiction De sang froid, me recommandant après coup de penser à lire une autre œuvre (au moins une !) de Truman Capote (bio en anglais). C'est chose faite avec son roman La harpe d'herbes. Un roman dont on ne fait qu'une bouchée, et qu'on referme avec quelque chose de tendre et de léger au fond de soi. D'authentique. Et aussi cette joie émerveillée, toujours renouvelée, après la lecture d'un beau texte.

La harpe d'herbe est un objet purement littéraire. Entre poésie, chronique et mémoires, l'auteur convoque au fil de sa prose les ombres et les traits lumineux de ses souvenirs d'enfance, puis de son adolescence. La harpe d'herbes fait songer à une série d'aquarelles. Une suite d’images figurant une succession de saisons, où toutes les teintes diluées fixent des paysages intérieurs d'une profonde sensibilité. Un lavis rythmé par des métaphores fines et originales ; constructions naturelles, malicieuses, tendres, drôles, buissonnières, elles habillent le texte comme autant parures fantaisie. Lire le talent est toujours un immense cadeau. La harpe d'herbes c'est beau, c'est profond sans en avoir l'air, et c'est merveilleusement écrit.

©Marguerite Rothe, 2019


Biographie

Truman Capote est un romancier et nouvelliste américain qui a marqué son époque par la beauté d'une langue inventive. "L'écrivain le plus parfait de ma génération" a dit de lui Norman Mailer, jugement corroboré par William Styron, un maître incontesté du verbe.

Truman Capote n'a pas une enfance très heureuse. Ses parents se séparent en 1929, il a 5 ans, et sa mère l'abandonne à des cousins en Alabama pendant trois ans. À son remariage en 1932, elle le reprend. L'enfant est adopté par son beau-père et le petit Truman Parsons devient alors Truman Capote. Ses professeurs l'encouragent à écrire dès le lycée. Il décide de ne pas aller à l'université et entre comme pigiste au New Yorker en 1941. Ses premières nouvelles sont aussitôt remarquées et publiées dans des magazines influents. Il passe deux ans dans une résidence pour artistes où un professeur de littérature lui permet de combler son absence de formation universitaire. Son premier roman, Les Domaines hantés, paru en 1948, connaît un grand succès. Il est lancé dans le New York littéraire et mondain et il rencontre son compagnon, Jack Dunphy, écrivain aussi, avec lequel il fait de fréquents voyages en Europe pendant une dizaine d'années. En 1951, il raconte dans La harpe d'herbes les années d'enfance en Alabama. En 1958, c'est la consécration de Déjeuner chez Tiffany. Ce court roman de 120 pages, bientôt adapté au cinéma avec Audrey Hepburn, fait de lui un écrivain reconnu. L'année suivante, un fait divers terrible, un quadruple meurtre dans le Kansas, le lance dans une enquête de six ans, sur place, dans le voisinage, auprès de la police et en prison où il se lie d'amitié avec un des assassins. Il assiste même à leur exécution. Le livre, De sang-froid paraît en 1966 et connaît un immense succès qui lui apporte fortune et renommée, mais usé par cette enquête et par ce qu'elle lui a révélé de la nature humaine, il sombre dans la dépression, l'alcool et la drogue et meurt en 1984, l'année de ses 60 ans. Bio trouvée ici


Quatrième de couverture

Dans une petite ville d'Amérique, le jeune Colin Fenwick vit avec deux vieilles cousines : Verena et Dolly Talbo. Verena, vieille fille austère, qui ne l'attire pas beaucoup. En revanche, il nourrit pour Dolly (qui est douce, généreuse, un peu effacée, et un peu folle) une vraie passion.

Un jour à la suite d'un dissentiment avec Verena, Dolly quitte la maison avec Colin, et la vieille servante Noire Catherine. Les fugitifs vont s'installer dans une petite cabane dans un arbre.

Il se dégage de ce livre une poésie, un humour et une chaleur humaine qu'on ne trouve guère dans la littérature américaine  • J'ai relevé plusieurs coquilles et fautes de typographie au cours de ma lecture (Grrr... on est chez Gallimard, non ?)

Prix de vente : 8, 50 € • 224 pages • ISBN : 9782070299577 • Éditions Gallimard, collection « L’imaginaire » • Traduit par Maurice-Edgar Coindreau • Première parution en 1953 • Première édition française 17 mai 1978.

Illustration couverture de l'article © Herbe bleue - 2019 PIXERS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :