Saint Laurent et moi, une histoire intime • Un récit de Fabrice Thomas écrit avec Aline Apostolska

Publié le par Marguerite Rothe

Saint Laurent et moi, un récit de Fabrice Thomas écrit avec Aline Apostolska

Saint Laurent et moi, c’est comme l’accident mortel que l’on entraperçoit brièvement sur l’autoroute. L'événement morbide qui nous fait ralentir afin de donner le temps à notre regard de saisir, même un bref instant, le visage grimaçant de la mort, de l'anéantissement. Le livre de Patrice Thomas a cet effet ; il nous fait nous arrêter pour voir et/ou comprendre l'interdit, l'immoral.

La vie de l'auteur ressemble au déroulement d'un conte initiatique. Fabrice Thomas fait penser à ces jeunes gens intrépides, qui décident un beau jour de partir à la conquête d'un univers magique. Un monde dont ils ont entendu parler et qui les fait rêver au-delà de toute raison. Dès lors, commencent leurs tribulations, qui peuvent parfois durer une vie entière. Parce que comme dans tous les contes, la rédemption ne peut se faire qu'après un long et douloureux cheminement. Un parcours où, épreuve après épreuve, l'humilité réapprise, la lumière intérieure peut de nouveau briller. Oh, elle ne le fera pas de mille feux, mais tranquillement, apaisée d'avoir abandonné l'épuisement du zénith. Car c'est ainsi que se manifeste la résilience, cette forme de sagesse acquise à l'aune des expériences douloureuses.

Au cours de son récit, Fabrice Thomas nous explique qu'au sujet de la sexualité d'YSL, il a édulcoré ses propos. En vérité, il ne pouvait pas faire autrement. Le réel est trop épouvantable. De mon côté, j'ai voulu élargir et compléter cette lecture, aussi, me suis-je tournée vers le livre Le contre-pied, du neuro-psychiatre Henri Amoroso. En vérité, je n'ai trouvé que ce livre de vulgarisation à lire, donc je m'en suis accommodée. L'intérêt de cet ouvrage est qu'il s'adresse à des personnes comme vous et moi. Des gens ordinaires que les déviances ne révulsent pas, mais qui, au contraire, sont désireux de comprendre (si possible), les pourquoi et les comment des homosexualités. Le livre du Dr Amoroso ne donne pas toutes les réponses, bien évidemment, mais il apporte un l'éclairage d'un homme d'expérience sur les conséquences physiques et physiologiques des pratiques homosexuelles (notamment masculines). Et s'il s'agit d'arcs-en-ciel, alors ceux-ci rayonnent dans toutes les nuances du sombre. Et ces vies-là ressemblent à une sorte d'enfer terrestre forgé à partir d'une solitude à peine imaginable. La plupart du temps, l'existence de Fabrice Thomas avec Yves Saint Laurent eut ces teintes, mortes et sans vie.

« Nous errions, plus que nous n'allions, d'une boîte à une autre – chez Castel, au Palace, au Sept, au Boy’s. Mais en parallèle à ces lieux connus, magnifiques et chics, Yves aimait fréquenter d'autres lieux, immondes, glauques, indescriptibles de puanteur, de pisse et de sperme accumulés et séchés, avec des backrooms douteuses sinon dangereuses où Yves adorait se faufiler pour s'adonner à sa passion avouée pour le fouet et le fist-fucking le plus trash. Je l’attendais au bar, ou dans la voiture, les tripes retournées. S’il tardait trop, j'allais le chercher, m'aventurant dans les couloirs sombres et malodorants, le trouvais accroupi, le cul exposé au travers d'une fente, offert à Ia pénétration de quiconque passait par là, ou bien attaché à un crochet, à moitié dénudé et violemment assailli par une ou deux silhouettes de gros musclés bardés de cuir dont on ne voyait pas le visage. Juste des queues, des muscles, des gémissements et des cris, des déjections de toutes sortes, dans une chaleur étouffante et littéralement irrespirable. Je le portais plus que je ne le raccompagnais jusqu'à la voiture, mais cela ne lui suffisait pas, il voulait aller au bois de Boulogne lorgner les travestis, surtout les Brésiliens […] »

Saint Laurent et moi, page 116

La vilaine petite Lulu

« Je n'ai jamais été jeune [Saint Laurent] et, maintenant, je suis presque trop vieux. Je n'aime que coudre des boutons de braguette et me faire sangler par de beaux jeunes hommes.

Je n'ai rien répondu. Je le savais. Il l'avait lui-même déjà avoué publiquement, en quelque sorte, en dessinant la BD La vilaine Lulu, une enfant laide, cynique, sadique et pédophile, ouvrage régulièrement réédité. Sadique, ce n'était pourtant pas son rôle. Plusieurs fois, je lui avais demandé pourquoi il avait fait cette bande dessinée, et invariablement il affichait un sourire sardonique, mi-ange mi-démon. Un aveu, la vilaine Lulu ? Un exutoire, un exorcisme ? Et puis, Lulu était le surnom de sa mère, Lucienne. Alors, de qui cette héroïne était-elle la projection ? La vilaine Lulu, un « mentir vrai » que chacun peut interpréter à sa guise. »

Saint Laurent et moi, page 36

À la lecture du livre de Fabrice Thomas, j'espérai en apprendre un peu plus sur l'historique de La vilaine Lulu. Mais il  n'y a guère que ce court passage qui l'évoque. Tant pis. Et puis, au fond, ce n'est pas important de savoir qui était Lulu : lui-même ? Sa mère ? Quelqu'un d'autre ? Lucifer, pourquoi pas ? Pour ma part, je ne peux pas croire l'ouvrage sorti d'un esprit serein. Tout ce que dit, fait ou vit Lulu a un aspect trop réel pour avoir été fantasmé. L'art de l'image ou de l'écriture, via le « mentir-vrai » (ou l'auto-fiction), peuvent peuvent servir de catharsis quand les tourments sont particulièrement lourds à porter. C'est ce que mon côté candide me porte à penser, plutôt qu'imaginer que La vilaine Lulu est une œuvre prosélyte à la gloire du mal. Vade retro, satanas !

Petite digression pour pointer l'invraisemblable

Alors que livre de feu Yves Saint Laurent est clairement un ouvrage sataniste et pro-pédophile, et qui évoque sans ambiguïté des sacrifices humains, des actes de torture et autres déviances morbides, donc, ce livre-là, est en vente libre partout en France ; au rayon jeunesse...

Le reportage d'utilité publique d'Élise Lucet,  Viols d'enfants, la fin du silence ? (visible ici | ou à télécharger) diffusé sur F3 en 2000, est définitivement censuré sur odre de l'INA. (Vidéo) Cherchez l'erreur !

Bilan de ma lecture

Il y a des lectures difficiles à faire, celle-ci en a été une. Il va sans dire que je ne recommande pas cet ouvrage à tout le monde. L'exploration des cercles de l'enfer se fait progressivement ; un esprit vierge a l'obligation de se ménager. Et de se fortifier aussi, en apprenant à voir le réel. Mais l'approche de la laideur à ceci de bon, c'est que par contraste, par opposition, sa vue rend rend le monde encore plus beau.

©Marguerite Rothe

Extrait d'une émission d'Arte. Naïf, le journaliste demande à Saint Laurent : « Il n'y a rien qu'elle fait (Lulu), que tu désapprouves vraiment ? » Réponse : « Non, absolument pas... »

La vilaine Lulu, le livre pédo-satinique d'Yves Saint Laurent.
 

PDF de l'article (NB : lien hypertexte inactifs)

La langue des oiseaux, language symbolique de la Kabale

 

« Amalek : Si on croit à l’existence de ces réseaux abominables qui pratiquent un culte extrêmement ténébreux qui semble remonter jusqu’à l’antique Babylone, violant, torturant, massacrant, sacrifiant des enfants sur l’autel de divinités qu’on croirait oubliées à notre époque, il est vraiment impossible de ne pas soupçonner Bergé, le mécène de Matzneff, d’en faire partie. Il suffit de comparer La Vilaine Lulu de feu son amant Yves-Saint-Laurent avec les multiples témoignages d’enfants survivants de ces réseaux pour s’en convaincre. » Source.

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