Michel Onfray : opportunisme et prostitution politique, par Youssef Hindi

Publié le par Marguerite Rothe

« En cette période de crise, d’explosion du chômage et de contestation sociale qui font mécaniquement augmenter la violence politique, les réseaux de pouvoir lancent de grandes manœuvres. Pour neutraliser la colère populaire, il faut plus que le néoconservatisme de la droite zemmourienne[i], le système a besoin d’une nouvelle gauche, qui ne soit ni immigrationniste, ni mondialiste, mais une gauche « souverainiste » et « enraciné » en apparence, en somme un néoconservatisme de gauche, incarnés aujourd’hui par le magazine Marianne et Michel Onfray.

Michel Onfray : du libertarisme soixante-huitard au néoconservatisme en passant par le judéo-criticisme

Que l’on ne s’y trompe pas, Michel Onfray, dans cette manœuvre, est une tête de gondole, une personnalité à laquelle les Français peuvent s’identifier : il vient du terroir, a connu une ascension sociale, certes avec une pseudo philosophie sans aucun grand concept, mais grâce à un positionnement antichrétien, gauchiste, antiraciste et libertaire. Un français qui a fait de l’anti-France son fond de commerce initial et son ascenseur social.

Libertaire jusqu’à un âge avancé, il fait, depuis quelques années, montre d’un attachement au peuple, notamment avec son université populaire. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En 2003, dans les colonnes de Libération il vomit sur la France en sous-entendant au passage que les électeurs du FN (dont une partie vient du communisme) sont des antisémites et des racistes :

La présence de Le Pen au deuxième tour de la présidentielle me paraît dans la société française une déflagration comparable aux déchirements provoqués à la fin du XIXe siècle par l’affaire Dreyfus […] Sur l’idée, qui est de nouveau la nôtre, que le racisme et la haine, le FN aujourd’hui, font leur lit sur un défaut de culture et même sur son empêchement. Il suffit de lire le programme culturel de Le Pen : folklore, racines, patrimoine franco-français. »[ii]

La revue Faits & Documents[iii] dressait, en 2015, le portrait de Michel Onfray : Fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage issue de la DDASS, le petit Michel vit une enfance pauvre en Normandie et est placé dans un orphelinat catholique. Devenu professeur de philosophie en lycée technique, il se définit comme anarchiste libertaire. Édité chez Jean-Paul ENTHOVEN dans une collection de Bernard-Henri LÉVY. Grâce à Grasset, Michel Onfray accède à la notoriété et aux grands médias. Il participe à cette occasion à la revue La Règle du jeu de BHL.

Depuis lors, Michel Onfray a tenté de se retourner contre ses maîtres qui l’ont fabriqué médiatiquement : il commet un livre contre la vache sacrée Freud, Le Crépuscule d’une idole (2010) et fait la promotion, en 2012, des travaux de Jean Soler contre la Bible hébraïque.

Le grand rabbin de France, Haïm KORSIA, a rappelé à l’ordre Michel Onfray dans un texte titré « Jean Soler ou les démons de Michel Onfray »[iv] publié dans L’Express le 26 juin 2012. Le philosophe rebelle n’a pas répondu (c’est le rabbin qui le souligne en introduction de son texte).

Le grand rabbin de France s’adresse personnellement à Onfray :

« Ce que vous dites à mots à peine cachés est terrible de responsabilité envers les esprits faibles qui risqueraient de vous croire : « [Le judaïsme] suppose une violence intrinsèque exterminatrice, intolérante, qui dure jusqu’aujourd’hui. » Malheureusement, c’est l’antisémitisme « qui dure jusqu’aujourd’hui », et celui des intellectuels n’est pas moins violent que celui des nervis de telle ou telle mouvance.
Ne sortez pas les démons de la bouteille avec de tels appels à la haine, car les nuages sont de retour sur notre vieille Europe et l’horreur récente de Toulouse est là pour nous le rappeler. »

Faits & Documents rappelle (dans ses articles de 2015) comment Michel Onfray, après cet épisode où il a été traîné dans la boue par l’élite communautariste, a fait techouva (repentance) :

« Comme pour dissiper l’accusation d’antisémitisme (rédhibitoire quant à la visibilité médiatique et à l’attribution de subventions), Michel Onfray s’est rendu par deux fois en Israël au cours des deux dernières années. Tout d’abord, il a présenté son livre L’Ordre libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus à l’Université de Tel-Aviv le 14 mars 2013, une conférence introduite par ces mots : “J’ai l’impression d’être chez moi en Israël”.

Pendant son séjour, il déclare à Jean-Patrick Grumberg (17 mars 2013) : “Je crois qu’Israël montre ce qu’est un Occident découplé de l’Europe. Je suis un farouche défenseur des valeurs de l’Occident – liberté, égalité, fraternité, laïcité, féminisme. On voit donc, à Tel-Aviv, […] un Occident non européen avec ce que Nietzsche nommerait une ’grande santé’, une vitalité – des corps montrés sans complexes, une jeunesse radieuse, un nombre incroyable de femmes enceintes, de couples avec des enfants ou des poussettes. Le versant solaire de la Méditerranée se manifeste sur les plages de Tel-Aviv alors que le versant nocturne des trois monothéismes fait la loi à Jérusalem.”

À en croire son interview, le 22 avril, donnée à la Radio de la communauté juive à Paris, Tel-Aviv serait même une Athènes contemporaine : “Tel-Aviv est une ville très hédoniste. […] Quand je suis sur une terrasse au bord de la mer à Tel-Aviv, j’ai vraiment l’impression qu’on est chez Homère, qu’on n’est pas loin d’Eschyle et de Sophocle”. Le 28 octobre 2014, il sera de nouveau à Tel-Aviv pour une rencontre avec le public israélien autour de son œuvre, rencontre organisée par l’ambassade de France et l’Institut français de Tel-Aviv. »

En 2015, il publie un livre, Penser l’islam (toujours aux Editions Grasset, dirigés par Olivier NORA[v], neveu de Pierre NORA et fils de Simon NORA, conseiller de Pierre Mendès France), et rejoint ainsi Éric Zemmour dans le camp néoconservateur pro-israélien.

Après la mort de sa première femme atteinte d’un cancer, et euthanasiée sur sa demande, Onfray se remarie, fin 2018, avec Dorothée SCHWARTZ (qui était sa maîtresse du vivant de sa femme). Issue de la communauté juive, elle gère depuis la communication d’Onfray, son site, et sa carrière.

Tout cela fait de lui le candidat idéal pour contenir et détourner la colère populaire

Qui est derrière le Front populaire d’Onfray ?

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