RÉCHAUFFÉ | Comment peut-on se désoler de la mort de la liberté, et être « proche » de Macron ?

Publié le par Marguerite Rothe

 

Tweeter... et ses touiteurs qui touitent à tout va... 

(Je ne comprends pas comment il a pu entendre au mois de septembre 2021, sur France Inter, une émission datée du 19 septembre 2019... Et je ne vous raconte pas non plus le nombre de sites et blogues qui ont commenté l'émission comme si celle-ci datait de la veille... ) 

 

« Un gouvernement qui choisit ses opposants, ça s'appelle le totalitarisme. »

 

Ça a de la gueule, non ? Les petites phrases comme celle-là ont le don d'alpaguer l'intellect. Du coup, bien que je n'écoute plus France Inter depuis plusieurs années (le temps où cette radio me lavait le cerveau, est définitivement révolu), après la lecture de ce tweet, je me suis dit qu’occasionnellement j'allais faire un petit effort.

Sans regarder la date de l'émission (comme une gourde), je commence à écouter ce qui se dit, et cela m'intéresse. L'homme est au micro pour promouvoir son dernier livre ; mais comme je ne connais pas ce monsieur, je ne sais pas que le dernier livre en question a déjà deux ans d'âge... 

Il est assez inhabituel d'entendre sur une radio du Système un homme énumérer un certain nombre de vérités sur la liberté, les lois, la politique. J'écoute attentivement ce qu'il dit, et je comprends son cheminement intellectuel. Puis, arrive la vingt deuxième minute de l'émission, et lorsque L. Salamé dit : « vous êtes proche d'Emmanuel, de l'homme Emmanuel Macron... », je me réveille. D'un coup. Un peu sonnée par la dissonance cognitive occasionnée.

De retour sur le plancher des vaches, me voilà sur DuckDuckGo pour une petite recherche documentaire :

Le 23 janvier 2018, Le Monde nous dit :

« François Sureau, la mauvaise conscience d’Emmanuel Macron. Gardien des libertés publiques et ardent défenseur des demandeurs d’asile, l’avocat et écrivain tape sur la loi asile-immigration, tout en conservant l’oreille du président de la République.

C’est une voix qu’Emmanuel Macron écoute, une voix de basse qui rassure et sermonne. Même au plus profond de la nuit, le président sait qu’un autre que lui veille, le seul qui lui tiendra le langage de vérité qui manque aux hôtes de l’Elysée. Depuis leur rencontre, du temps où Brigitte Macron enseignait à Saint-Louis-de-Gonzague, dit Franklin, le lycée des jésuites parisiens, le fil n’a jamais été rompu. » (c'est moi qui souligne)

J'aurai dû commencer par la notice Wikipédia, qui signale qu'en 2016, François Sureau a été le premier rédacteur des statuts d'En Marche, le parti politique fondé par Emmanuel Macron...

Le 4 février 2019, il [F. Sureau] publie dans Le Monde une tribune [NDA : une tribune, fichtre !] contre la proposition de loi dite « anti-casseurs », visant à renforcer et garantir le maintien de l'ordre public lors des manifestations, et où il estimait notamment :

« [ce texte] vise les « gilets jaunes » sous prétexte de réprimer des casseurs que le droit pénal ordinaire permet tout à fait de réprimer. Ce sont les manifestations qu’on veut limiter, pas les actes violents. »
Il ajoute « je ne sais pas où est le « progressisme » dans cette majorité ou dans ce gouvernement, mais il n'est sûrement pas dans le domaine des libertés publiques. […] Que personne ne voie la contradiction politique entre la lutte revendiquée contre le « populisme » et ce genre de législation est proprement stupéfiant. »

Posture politique ou cri du cœur ? En tout cas, cela n'a eu aucune incidence sur l'élection de Monsieur Sureau à l'Académie française l'année suivante, le 15 octobre 2020... Ce qui me fait penser que Monsieur Arnaud Upinsky n'est probablement pas assez soumis, et très certainement trop brillant pour voir sa carrière d'intellectuel de haut niveau reconnue par la crème de la crème.

Shark
Comment peut-on se désoler de la mort de la liberté, et, « en même temps », être proche d'un homme (que certains perçoivent comme un psychopathe) qui n'a aucun respect pour l'humain ? Un homme à la morale douteuse ?

 

Pendant que le public s'extasie sur un beau texte, sur de belles paroles, à l'arrière-plan, l'État le régime de prédateurs qui gouverne la France s'active à mettre en oeuvre des mesures toujours plus coercitives à l'encontre de la population. 

Oui, nos libertés ont disparu. Et M. Sureau en est encore là ? Alors que nous sommes à la veille d'une catastrophe humanitaire d'une ampleur telle, qu'à ce jour, on ne sait même pas s'il restera quelqu'un sur Terre pour en parler... Et donc, pendant ce temps où tout était systématiquement détruit, à part disserter sur la liberté, que faisait Monsieur Sureau ? Haut fonctionnaire, homme des sphères où le Pouvoir tisse ses filets, il s'est contenté d'être « proche » d'un pantin. D'un homme de paille. D'un homme qui n'aime pas la France. D'un homme sans honneur, sans loyauté, sans vérité. D'un golem.

©Marguerite Rothe

L'émission intégrale en MP3

(datée au 24 septembre 2019)

 

Source

Sans la liberté

(Extrait)

 

 « Chaque année un peu plus depuis vingt ans, les plaques tectoniques de notre société politique se déplacent dans une mesure telle que j’ai fini, comme bien d’autres, par me demander si l’amour de la liberté, ou celui de l’État de droit qui vise à le garantir, n’étaient pas un simple vernis, une référence morte, un propos de fin de banquet. Je parle moins ici des coups de canif, bientôt de scie égoïne, portés à la Constitution, que des raisonnements produits en nombre pour les justifier, et qui semblaient passer sans obstacle de la police aux procureurs, des procureurs aux parlementaires, personne ne paraissant s’aviser de l’étrangeté d’un ordre où on laisserait aux chiens de garde le soin de redessiner la maison.

« Je me suis aperçu qu’il suffisait d’un rien – même si ce à quoi nous assistions pouvait chaque jour plus difficilement être assigné à cette catégorie – pour que l’air de la liberté se raréfie. Pire encore, que personne ne paraissait étouffer pour autant. Un jour viendra peut-être où nous pourrons recommander sans nous trahir de remplacer le blanc au milieu du drapeau tricolore par un beau gris préfectoral.

« Que les gouvernements, celui d’aujourd’hui comme les autres, n’aiment pas la liberté, n’est pas nouveau. Les gouvernements tendent d’abord à l’efficacité. Que des populations inquiètes, après un demi-siècle passé sans grandes épreuves et d’abord sans guerre, du terrorisme ou d’une insécurité diffuse ne soient pas portées à faire le détail n’est pas davantage surprenant. Mais il ne s’agit pas de détails. L’État de droit, dans ses principes et dans ses organes, a été conçu pour que ni les désirs du gouvernement ni les craintes des peuples n’emportent sur leur passage les fondements de l’ordre politique, et d’abord la liberté.

« C’est cette conception même que, de propagande sécuritaire en renoncements parlementaires, nous voyons depuis vingt ans s’effacer de nos mémoires sans que personne ou presque ne semble s’en affliger. Je tiens pour vain l’exercice de l’indignation. L’indignation suppose je ne sais quel optimisme que je ne partage plus, l’idée qu’une protestation bien argumentée pourrait faire dévier le cours des choses. Nous n’en sommes plus là. Nous nous sommes déjà habitués à vivre sans la liberté. (…) » François Sureau

Mars 2021

 

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