Le Festival de Cannes et la crise du cinéma : Tom Cruise, symbole arrogant de l’alliage du sabre et du goupillon, par Alexandre Clément

Publié le 11 Juin 2022

  

Salle vide au États-Unis

« Le cinéma se porte très mal, du moins si on se réfère au nombre d’entrées réalisées en France, on est seulement aux deux tiers de ce qu’elles étaient il y a deux ans, alors que la crise du COVID est passée. Les salles sont vides et ne retrouvent pas leur public. C’est vrai aussi aux Etats-Unis. Le CNC qui a un peu d’argent a commandé une étude sur le pourquoi du comment que les gens ne vont plus dans les salles de cinéma. Pourquoi les spectateurs vont moins au cinéma en France : prix du billet et manque d’intérêt pour les films proposés. Autrement dit, je traduis ainsi : le cinéma est un loisir onéreux du point de vue d’une analyse coût-avantage, et les films proposés sont nuls à chier. Parallèlement le développement de SVOD se poursuit à un train d’enfer, vampirise les salles. Seul le directeur du CNC qui est là par hasard croit à « la complémentarité des écrans », tarte à la crème pour justifier son impuissance.

Je rassure les Français, le cinéma n’est pas seulement mauvais en France, il est tout aussi nul outre Atlantique malgré les sommes astronomiques qu’on y investit. Le succès des plateformes n’est pas très compliqué à comprendre, on a plus de choix et c’est moins cher. Et puis on n’est pas obligé de se taper des films français ! Bientôt les plateforme Netflix, Amazon, Disney, seront les premiers producteurs de films en termes d’investissements, si ce n’est pas déjà le cas. Vu les merdes que ces plateformes produisent, même quand elles engagent Martin Scorsese ou d’autres pointures comme Spike Lee ou le coréen Bong-Joon Ho, on peut craindre le pire. Les millions ne garantissent pas la qualité, et la cupidité de ces cinéastes célèbres va faire le reste. Grâce à cette manne, jamais les réalisateurs n’ont été autant payés, mais jamais leurs films n’ont été aussi mauvais. 

Pendant que ces plateformes s’appliquent à détruire le cinéma en salles, le Festival de Cannes devient le reflet de cet effondrement. C’est un peu l’orchestre qui joue sur le pont du Titanic tandis que le bateau coule.

Cannes est devenu une foire où n’importe qui peut venir dire n’importe quoi sous la lumière complaisante des photographes et les applaudissements des journalistes.

Dans cette conjuration des imbéciles, le comportement des Ukrainiens a choqué. Non seulement l’arrogance de la délégation qui proposait de clouer au pilori tout ce qui était d’origine russe, a surpris, mais le clown Zelensky, avant d’aller faire un tour à Davos, est venu faire sa petite propagande otanienne pour réclamer des armes et de l’argent. Même Jean-Luc Godard qui n’a jamais été très malin s’est aperçu de la grossièreté de la manœuvre de la propagande otanienne : L’intervention de Zelensky au festival cannois va de soi si vous regardez ça sous l’angle de ce qu’on appelle “la mise en scène” : un mauvais acteur, un comédien professionnel, sous l’œil d’autres professionnels de leurs propres professions.

Je crois que j’avais dû dire quelque chose dans ce sens il y a longtemps. Il aura donc fallu la mise en scène d’une énième guerre mondiale et la menace d’une autre catastrophe pour qu’on sache que Cannes est un outil de propagande comme un autre. Il est vrai que les Ukrainiens savent encore bien moins que les Russes ce que peut être la démocratie et le jeu des opinions contradictoires. Dès le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le cinéaste ukrainien Sergueï Loznitsa s'est exprimé « contre toute interdiction totale du cinéma russe et contre le boycott de la culture russe ». il trouve cette cabale « grotesque » et il a tout à fait raison, indépendamment de ce qu’on pense de la guerre. Le réalisateur de Donbass ou de The Natural History of Destruction

France-inculture en a profité pour donner un prix à ce réalisateur totalement inconnu, mais plein de bon sens, la radio financée par nos impôts lui a octroyé le prix France Culture cinéma consécration 2022. Cette manière de donner des prix chaque fois qu’un ukrainien passe devient franchement caricaturale. Ça commence à lasser vraiment, même les mieux disposés, soit la culture ukrainienne qui n’avait jamais de prix n’existait pas avant février 2022, soit les journalistes de la culture ne le savaient pas ! Le Festival de Cannes n’est pas vraiment fait pour le cinéma. D’ailleurs on voit bien de quel film on y parlerait. Voici dont un mouvement féministe qui investit les marches du Palais du Festival pour nous alerter sur les féminicides. Certes le féminicide n’est pas une activité recommandable et rapproche certainement l’homme de la bête, mais est-ce que cette manière de mettre en spectacle cette misère est adéquate à la cause ? On peut en douter. 

Ce n'est pas que les "artistes" soient engagés qui dérange, mais plutôt le fait qu'ils se fassent le porte-voix de la pensée dominante, que ce soit en ce qui concerne l'Ukraine, le genre, le féminicide, ou autre, tout en interdisant aux autres évidemment d'affirmer une autre pensée. C'est la pensée bobo, celle qui se nourrit d'une indignation salonarde qui n'engage pas vraiment. La Palme d'or est étonnante à cet égard, on parle des riches pour les moquer, c'est de bon ton, mais ce n'est pas une vision de ceux qui souffrent justement des excès de richesse, leurs films ne seront jamais populaires et ils s'en moquent, ils visent le public des festivaliers, des gens comme eux. On parle aussi d'écologie, et dans le même temps on accueille le clown Tom Cruise avec une parade de la patrouille de France. Voir tous ces gens très riches faire l'apologie de la misère a quelque chose de choquant. Voir la salle debout pour applaudir Zelensky l'est également, lui qui a fait interdire onze partis en Ukraine et sachant que la délégation ukrainienne poursuit de ses arrogants oukases les artistes russes, les forçant à se convertir au mondialisme échevelé dans lequel nous sommes empêtrés.

L’équipe du film ukrainien « Butterfly Vision », le 25 mai, au Palais des festivals, à Cannes 

Le Festival devient une foire, et les critiques qui ne savent pas faire grand-chose, y participent. Voici le prétentieux Nicolas Marcadé, rédacteur en chef de Fiches du cinéma qui ne comprend pas très bien ce qu’est le cinéma et qui vient cracher son venin sur Cédric Gimenez qui présentait son nouveau film en dehors de la compétition officielle. Sans doute ce qui ne plait pas à l’obscur Marcadé c’est d’abord que le film ait été ovationné lors de sa projection officielle, parce que c’est certain, lui-même ne risque guère d’être ovationné. Je n’ai pas vu ce film évidemment, puisque je ne vais plus à Cannes depuis longtemps, et je conçois qu’on le critique. Mais ce qui est consternant c’est que les arguments de Marcadé sont très minces, sonnant comme une démission face à la tâche qu’il a entreprise. Cédric Jimenez n’est pas aimé parce qu’il a fait Bac Nord justement que les imbéciles voient comme un véhicule pour ramasser des voix pour le compte du Rassemblement National. Autrement dit la propagande est tolérée à condition qu’elle soit pour l’Ukraine et pour l’OTAN, ou qu’elle soit pour un féminisme de combat et une dénonciation de l’extrême-droite. Les Inrockuptibles est tout à fait à l’unisson de Marcadé. 

Diam’s anciennement connue comme rapeuse s’était elle aussi invitée au Festival de Cannes par l’intermédiaire d’un documentaire, Salam. Ça plait, c’est à la mode de débattre sans fin sur le communautarisme islamiste et le Coran, voyez les piscines de Grenoble, bien que ce documentaire s’apparente, semble-t-il, à une page de publicité pour le salafisme. Comme on le comprend, Cannes n’est plus le Festival du cinéma, mais un déversoir où tout un chacun peut venir projeter ses propres frustrations, et faire la réclame pour telle ou telle forme de pensée religieuse, puis se faire applaudir par un public ayant atteint le dernier degré d’hébétude. Le prochain stade, nous verrons les festivaliers brouter de l’herbe ou manger du sable, tout en s’applaudissant de leurs audaces. 

Le palmarès du 75ème Festival de Cannes a été le reflet de l’explosion d’un système de production des images animées qui ne sait plus où il habite. La Palme d’or est revenue au totalement inconsistant réalisateur suédois, Ruben Östlund, oscillant entre les pitreries style Hanouna et délire verbal. Il reçoit ainsi sa deuxième Palme d’or, sans que le grand public en sache beaucoup plus sur ce qu’il fabrique, ni n’ait même le souvenir de sa première œuvre primée. Film anticapitaliste, présenté à des bobos repus dans une belle salle climatisée, il n’a guère de chance d’accéder à une large audience. Il est le symbole du repli sur soi de cette bonne conscience salonarde qui croit avoir fait son devoir politique en crachant dans la soupe qui la nourrit.

Il est assez clair que les classes populaires qui sont en premier chef concernées par l’exploitation capitaliste, n’auront même pas l’idée de savoir que ce produit de niche existe. Mais les crétins du Festival de Cannes adresse une critique au « système », envoie un autre message en octroyant une Palme d’or d’honneur à Tom Cruise, symbole arrogant de l’alliage du sabre et du goupillon, qui, à travers ses films flatte l’armée américaine et sa technologie, mais qui en tant que numéro deux de l’Eglise de Scientologie tente de travailler à la soumission des âmes un peu partout dans le monde. Ceux qui croient que la Palme d’or de Ruben Östlund est plus importante que celle de Tom Cruise se trompent lourdement. L’an prochain on aura oublié jusqu’au nom de ce réalisateur obscur autant que suédois – qui par parenthèse, tout anticapitaliste de salon qu’il soit, n’a rien dit de la volonté de son pays de rejoindre l’OTAN – tandis qu’on se souviendra encore de Tom Cruise, aussi bien pour son sourire crétin, que pour sa fortune ou pour sa récompense. Cette asymétrie est la preuve même de la défaite totale du cinéma comme art populaire à Cannes. » Alexandre Clément 

Source

Mon grain de sel :

 

 

Les gens ne vont plus au cinéma parce qu'ils en peuvent plus de toute cette merde qu'on déverse dans leurs cerveaux. Ils en ont marre de ne pas être respectés, tout simplement RESPECTÉS. On peut ne pas avoir fait de grandes études ou être très riche, mais ça ne veut pas dire pour autant qu'on n'a pas de morale, pas de bon sens. Et que si on ne comprend pas les mécanismes profonds de la propagande, on est en capacité de voir à quoi elle ressemble quand on nous l'envoie à travers la figure comme un plat rempli de vomi. Fuck Soros, et toute la clique globaliste. M.R.

 

 


 

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Rédigé par Marguerite Rothe

Publié dans #Billet d'humeur, #Ciné • TV • Vidéos

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