La société ukrainienne BioTexCom fait-elle du trafic de bébés ?

Publié le 1 Octobre 2022

La clinique, ou si vous préférez, la maternité de substitution, ou encore, l'usine à bébés BioTexCom, à Kiev, fait encore parler d'elle. Cette fois, c'est une vidéo qui montre la « livraison » de nourrissons. Comme pour bien signifier que les affaires ne s'arrêtent pas, malgré la guerre.  L'argent n'est pas quelque chose que l'on arrête. C'est quelque chose que les pauvres savent bien.

J'ai fait un peu de recherche pour savoir ce qu'était cette société BioTexCom. Sans surprise, elle et ses dirigeants sont bien à l'image de cette besogne de négriers : juste détestables (pour rester polie).

Ihor Pechenoha

Selon son directeur médical, Ihor Pechenoha, c'est : « une des plus grosses sociétés mondiales en nombre de naissances par gestation pour autrui » – entre 500 et 600 enfants par an. » La société, fondée en 2008, est à l’origine de la moitié des naissances par GPA en Ukraine, dont le nombre est estimé entre 1 000 et 2 000 par an depuis la pandémie de Covid-19. Ici.

Vous avez aussi ici tout un fil tweeter sur le sujet.

L'actuel propriétaire, Albert Tochilovskiy, a racheté cette entreprise / clinique en 2012. J'ai eu beau chercher avec accolé à son nom le mot « biographie» ou "biography", je n'ai rien trouvé à part ceci :

« Альберт Точиловский, народный депутат Украины, фракция «Слуга народа »

« Albert Tochilovskiy , député du peuple d'Ukraine , faction “Serviteur du peuple” » 

Albert To(t)chilovsky

Que sait-on de monsieur Tochilovski ? Qu'il est un homme d'affaires, et qu'il a racheté BioTexCom en 2012, mais il n'est pas médecin, ça, c'est sûr. Si on cherche un peu, on découvre que l'orthographe de son nom est : Totchilovski, qu'il est de nationalité allemande, et qu'il a quarante-six ans ; accessoirement, sa CNI nous apprend qu'il est né dans le Donbass, à Vorochilovgrad (anciennement Lougansk, de 1935 à 1990 Vorochilovgrad), aujourd'hui Louhansk).

Mais, avant 2012, que faisait-il avant de faire du trafic de nourrissons ? Pas moyen de le savoir. Étrangement, cet homme est sorti de nulle part.

BioTexCom

En préambule, je disais que cette société avait déjà fait parler d'elle :

« En 2011, un couple italien est rentré chez lui avec un bébé né d'une mère porteuse ukrainienne dans le cadre d'un arrangement facilité par BioTexCom. Après les tests ADN obligatoires effectués par les autorités italiennes, il s'est avéré que le bébé n'avait aucun lien génétique (c'est moi qui souligne) avec les parents d'intention, ce qui les empêchait d'être officiellement reconnus comme parents. (L'enfant a finalement été adopté par un autre couple en Italie). » ici et dans l'article plus bas. 

À l'époque, To(t)chilovsky avait argué qu’ayant acheté BioTexCom en 2012, cette affaire ne le concernait pas... Ben voyons.

Par ailleurs, il y a eu le cas d'une petite fille née prématurément avec de gros problèmes de santé « Baby Bridget », et que les futurs parents (un couple d'Américains) ont refusé d'adopter.

« Matthew Scott Etnyre, 39 ans, et Irmgard Pagan, 61 ans, sont les Américains mentionnés comme étant les parents de Bridget sur les documents vus par Foreign Correspondent. »

Il se trouve que ce couple a abandonné leur fille, et que, selon The Guardian, il a entamé une nouvelle procédure pour avoir un enfant. Il a eu satisfaction.  

« Ils ont engagé Biotexcom pour la deuxième fois et, en 2017, on leur a dit qu'une mère porteuse avait donné naissance à des jumeaux, qui vivent maintenant avec eux aux États-Unis. » ici (l'article est à lire – traduit en français avec Google –, pour voir à quel point ce couple est infâme.

Dans cet article, « To(t)chilovsky confirme qu'il y a eu des enfants nés avec des lésions cérébrales, mais nie que cela soit le résultat d'un traitement médical inapproprié organisé par son agence pour ses mères porteuses. »

Plus récemment (7 janvier 2022), on a entendu de nouveau parler de BioTexCom au moment du confinement planétaire. Des bébés et des nourrissons étaient en « souffrance » dans un hôtel de luxe, attendant que les parents adoptifs viennent les chercher. 

« Chaque année, des milliers de couples, notamment français, viennent en Ukraine pour faire appel à une mère porteuse. Gérées par des agences spécialisées, les gestations pour autrui (GPA) sont facturées autour de 40 000 euros. Mais dans ce secteur peu encadré, les dérives sont nombreuses. » « À l’hôtel Venice, en périphérie de Kiev, 18 bébés nés de mères porteuses attendaient, fin octobre 2021, l’arrivée de leurs parents. Certains depuis cinq mois. Les contraintes de quarantaine les empêchent de venir, selon Biotexcom. • Anna Voitenko »

 

Surtout, que les affaires ne s'arrêtent pas... 

https://odysee.com/@MargueriteRothe:8/Trafic-de-b%C3%A9b%C3%A9s---guerre-Ukraine-2022:0

Présentation de la vidéo sur YT :

« 9 mars 2022 La clinique internationale BioTexCom n'arrête pas son travail et assure la sécurité des enfants nés en temps de guerre. Le médecin-chef de la clinique vient personnellement chercher tous les bébés dans les maternités de Kiev et, avec ses collègues accompagnés par le bataillon de volontaires Karpatska Sich, les transporte dans un lieu sûr. Tous les enfants sont en sécurité, les infirmières de la clinique sont avec eux 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il y a une quantité suffisante de nourriture, de vêtements et de médicaments. Tous les enfants se portent bien et retrouveront bientôt leurs parents. »

« La société en proie aux scandales derrière les bébés de substitution échoués fait également la promotion d'une technique de FIV controversée

 

[...]

Normaliser une technique risquée

La gamme actuelle de services de BioTexCom témoigne d'un mépris évident pour les pratiques responsables et les normes éthiques. La société met en avant une procédure risquée et non testée - qui a fait l'objet d'une intense controverse dans le monde entier - en tant que "complément" standard de la FIV.

Au début de 2019, BioTexCom a commencé à proposer aux femmes de plus de 40 ans une procédure qu'ils appellent "don de mitochondries" ou "thérapie de remplacement des mitochondries" dans le cadre de leurs forfaits FIV. Depuis septembre de la même année, ils proposent également le don mitochondrial dans le cadre de leurs forfaits de maternité de substitution. Les femmes peuvent subir jusqu'à deux cycles de prélèvement d'ovules et de FIV avec don de mitochondries (pour elles-mêmes ou pour une mère porteuse).

La procédure proposée par BioTexCom est généralement appelée "transfert ooplasmique" ou "transfert cytoplasmique". Elle consiste à extraire le cytoplasme (contenant les mitochondries) d'un ovule de donneuse et à l'injecter dans l'ovule de la future mère avec le sperme.

Bien que BioTexCom désigne cette technique par le terme "thérapie de remplacement mitochondrial", elle est différente des techniques expérimentales connexes qui ont été mises au point pour permettre à un petit nombre de femmes atteintes d'une forme particulière de maladie mitochondriale d'avoir des enfants non affectés par cette maladie et génétiquement apparentés à elles. Ces techniques, communément appelées "remplacement mitochondrial" ou "transfert mitochondrial", sont plus précisément décrites comme un "transfert nucléaire", car elles consistent à échanger le noyau de l'ovule de la future mère contre l'ovule énucléé d'une donneuse.

La justification de l'utilisation du "transfert cytoplasmique" comme traitement de la fertilité est que le déclin de la fertilité des femmes à mesure qu'elles vieillissent est principalement dû à des mitochondries moins fonctionnelles. L'ajout de "mitochondries saines et fonctionnelles" provenant de l'ovule d'une femme fertile est censé augmenter les chances de conception et améliorer la qualité des embryons obtenus. Mais il s'agit d'une hypothèse pour laquelle il n'existe que peu ou pas de preuves.

En fait, il y a eu remarquablement peu de recherches scientifiques ou cliniques sur le transfert cytoplasmique. Les premières expériences ont été menées dans une clinique aux États-Unis à la fin des années 1990, qui a rapporté 17 naissances avant que la technique ne soit interdite par la FDA, en raison des risques pour la sécurité et des préoccupations concernant la "modification de facto de la lignée germinale."  Le seul suivi de la santé de ces enfants comprend une couverture médiatique sporadique et une étude publiée basée sur une enquête postale remplie par les parents.

Ces procédures comportent des risques importants. La nécessité pour les ovules de donneuses de fournir du cytoplasme signifie que davantage de femmes devront subir une stimulation ovarienne et un prélèvement d'ovules, ce qui présente une série de risques à court et à long terme peu étudiés. Parmi les risques graves spécifiques à la manipulation mitochondriale, citons l'"hétéroplasmie mitochondriale", c'est-à-dire la présence dans les cellules de mitochondries provenant de deux sources différentes - l'ovule de la mère et celui de la donneuse. Une préoccupation connexe est la discordance entre l'ADN mitochondrial du donneur et l'ADN du noyau de la cellule. Les effets sur la santé de telles incompatibilités sont inconnus. 

Aucune de ces informations sur les risques n'est présentée sur le site web de BioTexCom. En fait, on y trouve peu de détails sur la technique qu'ils emploient précisément, et aucune preuve scientifique ne vient étayer son utilisation. Dans une vidéo promotionnelle, un médecin décrit de manière simpliste et trompeuse la procédure comme un simple remplacement de la "pile Duracell" de l'ovule. Dans une autre vidéo, on dit qu'il s'agit d'un moyen de "rajeunir complètement" les ovocytes des femmes de plus de 40 ans, améliorant ainsi leurs chances de tomber enceinte avec leurs propres ovules. Il est annoncé comme une alternative au don d'ovules qui permet aux parents de maintenir une "connexion génétique" à 100%" avec leur progéniture.

Dans un webinaire promotionnel d'octobre 2019, BioTexCom affirme que son utilisation de la technique a un "taux de réussite très élevé" de 55 % et promet aux clients potentiels des "résultats garantis." Mais il y a un piège important : le succès a été défini uniquement comme une grossesse qui atteint 12 semaines. Au moment du webinaire, aucune naissance n'avait eu lieu à la suite de l'utilisation de cette technique, car l'entreprise ne l'essayait que depuis environ six mois.

Néanmoins, elle a assuré aux clients potentiels que la procédure était totalement sûre et qu'elle n'aurait aucun effet sur la santé des bébés conçus à l'aide de cette technique non éprouvée. Ils ont à plusieurs reprises qualifié la procédure d'"innovante", au lieu de l'appeler par son nom : Une expérimentation humaine incontrôlée et très risquée. [...]

La réglementation ukrainienne sur la modification génétique héréditaire n'est pas claire, mais il semble généralement admis que la manipulation mitochondriale n'y est pas interdite.

Fin 2016, un autre Ukrainien, le Dr Valery Zukin de la clinique Nadiya à Kiev, a annoncé qu'il avait supervisé une naissance résultant d'un transfert nucléaire utilisé pour "traiter" l'infertilité plutôt que pour prévenir la transmission de la maladie mitochondriale. Cette annonce est intervenue quelques semaines seulement après celle de John Zhang, qui avait annoncé la naissance au Mexique (où il avait transféré l'embryon pour éviter la réglementation américaine) d'un bébé conçu à l'aide de cette technique.  Après que la FDA a interdit à la Darwin Life Clinic de John Zhang, basée à New York, de commercialiser le transfert nucléaire, Nadiya et Darwin Life ont formé un partenariat pour proposer la procédure en Ukraine.

La commercialisation par BioTexCom du "don de mitochondries" comme un simple complément de FIV, associée à la confusion entre le transfert ooplasmique et le transfert nucléaire (tous deux proposés sous les mêmes termes trompeurs de "don de mitochondries" et de "thérapie de remplacement des mitochondries"), contribue à normaliser ces procédures risquées. Les déployer en tant que traitements de fertilité lucratifs met en danger la santé des enfants qu'ils contribuent à créer.

Tochilovsky, de BioTexCom, a déclaré à propos de l'industrie ukrainienne de la fertilité : "Le plus important est d'interdire l'intervention des forces de l'ordre dans notre travail."  Mais qu'il s'agisse d'abus dans les accords de maternité de substitution ou de l'utilisation inconsidérée de technologies risquées, il y a de nombreuses raisons de s'inquiéter de cette atmosphère de "Far West" et de l'absence de réglementation applicable. Il ne faudrait pas qu'une nouvelle crise vienne attirer l'attention sur ces préjudices. »

Lire l'article intégral : Source (Anglais)

 


 

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Rédigé par Marguerite Rothe

Publié dans #Société, #Santé, #Enquête, #Le Droit & Les Lois, #Sciences

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